Hôpitaux : nouvelle réforme en vue

Pour son deuxième déplacement officiel, le président de la République a visité hier deux hôpitaux du Nord. Au cours ces visites, Nicolas Sarkozy a émis un "message clair, consensuel comme l'étaient déjà la veille ses consultations sur l'écologie : il veut répondre au “malaise de l'hôpital“, le réformer", souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 5). Pour lutter contre "l'immobilisme [qui] tuera l'hôpital public", indique Libération (page 11), Nicolas Sarkozy a chargé Roselyne Bachelot-Narquin, la ministre de la Santé qui l'accompagnait, de conduire une "grande concertation" sur les missions de l'hôpital.

Le président de la République a notamment expliqué que "si on fait porter l'extrême vieillesse ou l'extrême dépendance à l'hôpital et si on laisse les urgences ouvertes à tout le monde, y compris pour la commodité", l'hôpital sera "submergé par des missions qui n'auront pas été définies" et les moyens seront insuffisants.

Parmi les mesures envisagées figure l'autonomie des établissements hospitaliers. Ce projet était dans le programme du candidat, constate Le Figaro (page 20). Comme l'estime ce quotidien, cette proposition "passera difficilement auprès des médecins hospitaliers qui refusent d'être “soumis“ aux directeurs des hôpitaux". En outre, Nicolas Sarkozy suggère de faire travailler les hôpitaux publics et privés en collaboration avec les médecins de ville ou encore de redessiner la carte hospitalière, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui.

Au cours de sa visite à l'hôpital maritime de Zuydcoote, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il souhaitait "doubler les unités de soins palliatifs car ce n'est pas un luxe, mais c'est un droit", signale La Croix (page 8). Le chef de l'Etat en a même fait une des priorités de son quinquennat. Dans le même élan, il a annoncé une "évaluation" de la loi sur la fin de vie, dite la loi Leonnetti. Cette loi "instaure un droit au laisser-mourir" mais sans recourir à l'euthanasie, rappelle La Croix. "Je défends l'idée de la vie mais je dis qu'en 2007, personne ne doit être condamné à souffrir à tel point que celui lui fait perdre sa dignité", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Pour permettre une mise en œuvre de toutes ces missions, Roselyne Bachelot-Narquin devra résoudre la question des heures supplémentaires effectuées par le personnel soignant, rapportent Les Echos (page 2). Nicolas Sarkozy a constaté en effet que ces heures ne sont pas toujours "récupérées ou payées en temps voulu, faute de moyens budgétaires et d'effectifs suffisants". Pour L'Humanité (page 4), cette situation est l'une des conséquences du déficit budgétaire occasionné notamment par la réforme Hôpital 2007 lancée en 2002.

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Interrogé ce matin sur Europe 1 sur le dérapage des comptes de l'assurance maladie, le Premier ministre a indiqué "qu'un des remèdes" à cette situation était l'instauration d'une franchise médicale. Comme l'a expliqué en substance François Fillon, elle permettrait d'accroître les recettes de l'assurance maladie et de responsabiliser les patients. Un tel dispositif a suscité les réticences du haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, rappelle Le Figaro (page 20). Après sa prise de position, lundi dernier au micro de France Inter, Martin Hirsch a rencontré hier la ministre de la Santé. Au cours de cet entretien, Roselyne Bachelot-Narquin a indiqué que "cette franchise […] serait accompagnée d'exonérations nécessaires", rapporte Le Monde (page 11). Par conséquent, elle ne devrait pas concerner les ménages aux revenus modestes. Martin Hirsch s'est dit "rassuré" tout en revendiquant sa liberté de parole, soulignent Les Echos (page 2).

Reste ouverte la question du montant de cette franchise. D'après Le Monde, une franchise intégrale portant sur les premiers 100 euros de soins non remboursés rapporterait 2,8 milliards d'euros. Une franchise de 25 euros sur les quatre principaux actes de soins (consultations, pharmacie, biologie et hôpital) produirait un gain de 1,8 milliard d'euros. Du reste, rajoute le quotidien, on ne sait "si cette franchise sera compensée par les mutuelles et les assurances complémentaires".

Dans une tribune publiée dans Libération (page 22), le cardiologue Elie Arié, estime qu'une telle mesure serait une "absurdité à la fois sanitaire, sociale et économique". D'après lui, "on ne peut responsabiliser par l'argent une consommation qui est, pour l'essentiel, une consommation subie et non choisie […]. Et si l'objectif est de responsabiliser par l'argent, la seule mesure efficace consisterait à responsabiliser les vrais ordonnateurs de dépenses, qui sont les médecins".