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Hôpital : un plan pour des carrières plus attractives

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté hier les grandes lignes de son "Plan d'action pour l'hôpital public". En douze points applicables dès janvier 2016, ce dispositif vise à enrayer la pénurie de médecins qui touche certains établissements hospitaliers, "victimes à la fois de la pyramide des âges et de la concurrence avec le secteur privé", écrit Le Parisien/Aujourd'hui (page 6).

Pour ce faire, trois axes seront privilégiés : favoriser le choix de l'hôpital public chez les jeunes diplômés, fidéliser les professionnels en poste et améliorer leurs conditions de travail.

"Il s'agit de répondre aux attentes des jeunes et de faire face au déficit démographique de certaines spécialités, comme les anesthésistes et les chirurgiens, et d'aider certains établissements à recruter", précise Marisol Touraine. Près de 3.000 nouveaux médecins sont ainsi attendus en complément des 60.000 praticiens déjà en exercice sur le territoire. Pour motiver les candidatures, prévient Le Figaro (page 22), la ministre n'a pas misé sur la hausse des salaires mais sur l'attribution de primes "significatives et attractives".

La première de ces primes "vise à inciter les jeunes à se former dans des spécialités en tension, ou à choisir des établissements qui peinent à recruter". "Cette dotation ponctuelle représentera “quelques mois de salaire”", indiquent Les Echos (page 2), qui précisent qu'elle cible environ 3.000 praticiens.

"Le chèque incitatif sera accompagné d'une accélération de carrière après cinq ans", complète Le Figaro. Quant à la prime de 400 euros actuellement accordée aux praticiens acceptant d'exercer dans plusieurs établissements, elle sera "fortement réévaluée". Près de 15.000 médecins pourraient être concernés fin 2018, enchaîne Le Parisien/Aujourd'hui.

Côté valorisation du travail, un autre type d'indemnisation sera proposé aux médecins pour les heures effectuées dans la soirée au-delà de 19 heures.

Au total, 250 millions d'euros seront consacrés à ces primes d'ici à 2019. Par ailleurs, pour maintenir un nombre suffisant de praticiens dans les établissements, les médecins, théoriquement à la retraite à 65 ans (68 ans pour les universitaires) pourront poursuivre leur activité jusqu'à 70 ans.

L'essentiel de ces mesures "sera financé grâce aux économies réalisées grâce à un moindre recours à l'intérim", explique la ministre de la Santé. Au final, a-t-elle ajouté, "quelques dizaines de millions d'euros seulement resteront à la charge des hôpitaux".

Dans un communiqué commun, les syndicats des étudiants en médecine Anemf, des internes Isni et Isnar-IMG, et des chefs de cliniques ISNCCA ont approuvé le plan dont les dispositions "sont conformes aux demandes exprimées" par la jeune génération, rapporte Le Figaro, soulignant que le "même son de cloche" se fait entendre chez les syndicats seniors.

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Nouvelle charge contre l'AME

Dans un rapport qui sera présenté mercredi par le député (LR) Claude Goasguen dans le cadre de l'examen de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2016, l'aide médicale d'Etat (AME) est à nouveau la cible de critiques.

Selon Le Figaro (page 22), qui a pu consulter le document, le député estime en effet que le coût du l'AME est bien plus supérieur à celui annoncé par le gouvernement.

Cette aide, rappelle le quotidien, est composée d'un double dispositif : le premier, dit "de droit commun", s'adresse aux personnes étrangères résidant sur le territoire depuis plus de trois mois, en situation irrégulière, c'est-à-dire en attente d'être reconduites à la frontière. Pour 2016, son budget a été fixé à 700 millions d'euros.

Le second volet de l'AME est l'aide au titre des "soins urgents", qui prend en charge ceux qui n'ont pas l'AME mais qui mourraient s'ils n'étaient pas soignés. Son budget a été fixé aux alentours de 40 millions pour 2016.

Selon le parlementaire auteur du rapport, "les dépenses d'AME connaissent une croissance exponentielle puisqu'elles ont augmenté dans la réalité de 32% entre 2009 et 2014", année où 294 300 personnes pouvaient en bénéficier.

Et les crédits consommés "ont toujours été supérieurs aux crédits votés, souvent dans des proportions supérieures à 20%", dénonce Claude Goasguen, pour qui "le gouvernement minore au maximum la ligne budgétaire pour ne pas avoir de polémique sur le dos".

"Les dépenses devraient encore déraper de près de 100 millions d'euros cette année", écrit Le Figaro. Alors que la ministre de la Santé chiffre à 744,5 millions pour 2016 les dépenses de l'AME, Claude Goasguen estime qu'elles s'élèveront à 1,1 milliard (contre 1 milliard lors de son estimation l'an dernier).

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)