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Hôpital : le ras-le-bol des blouses blanches

Les infirmières et les aides-soignants sont appelés à descendre dans la rue ce mardi 8 novembre 2016 pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail et "l'étranglement budgétaire" des hôpitaux.

"Cela n'était plus arrivé depuis... 1988, rappelle le site du Parisien, mais, aujourd'hui, c'est bien la totalité des 700.000 infirmier(e)s, étudiant(e)s compris, quel que soit leur mode d'exercice, salarié ou libéral, qui sont appelés à manifester par dix-huit syndicats."

A Paris, un cortège doit partir de la gare Montparnasse pour rejoindre le ministère de la Santé. "Il faut vraiment que la situation soit grave pour que l'union se fasse à ce point", soulève la porte-parole du mouvement, Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière.

A l'origine de ce mouvement : le suicide cet été de plusieurs soignants, dont cinq infirmiers "auxquels la ministre n'a même pas réagi, malgré nos sollicitations", déplore Nathalie Depoire. Et les personnels attendent toujours le plan d'amélioration de la qualité de vie au travail promis pour l'automne par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Plus généralement, c'est la dégradation des conditions de travail que dénoncent les syndicats.  "On sent surtout poindre l'exaspération de professionnels épuisés, stressés, voire apeurés", constatent Les Echos.

"Il y a cinq ou six ans, j'avais en charge quinze patients sur une journée, maintenant j'en ai dix de plus", raconte, dans Le Monde, Catherine, 49 ans, infirmière dans un service de chirurgie d'un gros hôpital du Sud de la France.

"Des journées sans boire, sans manger, sans aller aux toilettes, ça arrive tout le temps, témoigne-t-elle. Réussir à finir ses tâches devient une course contre la montre." Admettant rentrer "épuisée" et "hébétée" de ses journées de travail, elle se prend parfois à penser que "l'usine, c'est moins dur".

"On atteint un point de rupture", témoigne Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers. "En dix ans, 100.000 lits ont été fermés et de nombreux postes ont été supprimés. Ceux qui restent subissent une charge de travail très importante."

"Au gouvernement, on analyse le mécontentement au filtre de la nécessaire adaptation de l'hôpital, quand les séjours deviennent plus nombreux, mais plus courts que par le passé", notent Les Echos, ajoutant que la ministre de la Santé lancera avant fin novembre "un plan d'accompagnement pour répondre aux demandes d'écoute, de mobilité, de conciliation vie professionnelle-vie privée des infirmiers à l'hôpital. La question de la qualité de vie au travail des libéraux sera également abordée".

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John Sutton

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