« Hôpital, patients, santé et territoire » : Nicolas Sarkozy monte au créneau

Le président de la République se rend ce matin dans le Jura avec la ministre de la Santé pour présenter les grandes orientations du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoire". Ce texte devrait être présenté à la mi-octobre en Conseil des ministres et en décembre au Parlement. Le chef de l’Etat doit visiter auparavant une maison médicale à Bletterans, près de Lons-le-Saunier, dont le député-maire UMP, Jacques Pélissard, est également président de l’Association des maires de France (AMF).

Ce projet de loi vise notamment à réformer en profondeur la gouvernance des hôpitaux et à favoriser les regroupements d’établissements. Il met aussi en place des agences régionales de santé (ARS), aux compétences très larges, chargées d’appliquer à l’échelon local la politique de santé définie par le gouvernement, rappellent Les Echos (page 4). Les ARS doivent mieux coordonner localement les actions dans le domaine de la santé publique, les soins de ville et hospitaliers, ainsi que dans le secteur médico-social, précise La Croix (page 8).

L’objectif est de mieux répartir les structures de soins dans un même territoire, résume La Croix. "A quelques kilomètres de distance, il n’est pas nécessaire que tous les établissements continuent, par exemple, à faire de la chirurgie digestive lourde ou des opérations du cerveau", plaide un conseiller ministériel. Il s’agit donc de créer des synergies en incitant financièrement les établissements à se regrouper au sein de "communautés hospitalières de territoire". Cette réorganisation impliquera que cetains services de chirurgie, où une sécurité suffisante n’est pas assurée en raison d’une activité trop faible, se reconvertissent vers d’autres spécialités comme la rééducation fonctionnelle ou les soins de suite.

Alors qu’on en connaît pour le moment que des versions provisoires, le projet de loi est déjà la cible des confédérations syndicales, des organisations de médecins et des élus locaux, observent Les Echos (page 4). Hier, le secrétaire général de la CGT a jugé que la nouvelle loi allait mettre les organismes de Sécurité sociale "sous la tutelle des ARS". "On renvoie les citoyens à des réponses de plus en plus individuelles et donc inégalitaires", constate Bernard Thibault dans L’Humanité (page 10), avant d’appeler à une mobilisation intersyndicale le 7 octobre contre cette mesure.

La contestation touche aussi les syndicats de médecins libéraux. La CSMF dénonce "l’étatisation" de la santé, tandis que le syndicat de généralistes MG-France demande le retrait d’un article qui prévoit le doublement des pénalités pour les médecins refusant les réquisitions dans le cadre de la permanence des soins (Les Echos). A ce sujet, l’ordre des médecins publie aujourd’hui un rapport alarmiste sur la démographie médicale, rapporte Le Figaro-économie (page 20). L’ordre juge peu efficace les incitations à s’installer dans les zones sous dotées, y compris les nouvelles mesures envisagées par le gouvernement.

Enfin, l’Association des maires de France s’inquiète du risque de "vider les petits hôpitaux de leurs services médicaux et chirurgicaux pour les transformer en établissements de gérontologie". "Il n’est pas question de fermer des hôpitaux ou de réduire les dépenses consacrées à la santé", jure-t-on dans l’entourage de la ministre de la Santé (La Croix). Le président de l’AMF devrait avoir l’occasion aujourd’hui d’interpeller de vive voix Nicolas Sarkozy à ce propos…

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"Dans l’ensemble de la zone Europe, les femmes dans leur majorité disposent d’un accès organisé à l’IVG (interruption volontaire de grossesse). Mais son environnement apparaît en danger, sous la pression de groupes d’opposants qui trouvent un écho dans la sphère politique", dénonce Françoise Laurant, présidente du Mouvement français pour le planning familial (MFPF), dans Le Quotidien du médecin d’hier.

Avec le soutien de la Mutualité française, le Planning organise un colloque ce week-end à la Maison de la Mutualité, à Paris, pour "infléchir le mouvement de recul de l’IVG". "En région parisienne, la notion de profit se révèle si importante que le nombre d’IVG enregistre une baisse de 7 à 13% dans les établissements publics ; dans le privé, quand on n’y renonce pas, on les fait passer pour des fausses couches", déplore le Dr Marie-Laure Brival, présidente de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)