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Hôpital : le diagnostic d’Agnès Buzyn

Dans un entretien à Libération, Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, évoque les priorités de son action. Repenser l'hôpital lui semble indispensable, notamment en luttant contre les actes inutiles et redondants.

Libération publie ce matin l'interview d'une femme "convaincante". Femme de gauche, écrit Eric Favereau, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, est en effet parvenue, depuis six mois qu'elle est en fonction avenue de Ségur, à retisser "les liens avec les professionnels de santé, sérieusement mis à mal par le gouvernement précédent", mais aussi à renvoyer "une image de compétence dans un univers qu’elle connaît par cœur".

Dans cet entretien, cette professeure d’hématologie dresse un premier bilan de son mandat. Jusqu'alors, explique-t-elle, "il n'y a pas eu assez de choix courageux", d'où sa volonté de "transformer les choses en profondeur". Pour l'accès aux soins dans les territoires, indique-t-elle par exemple, "j'ai proposé une approche radicalement différente, concrète, pragmatique qui se fonde notamment sur les moyens que nous donnons aux acteurs sur le terrain d’agir pour construire leurs solutions".

Dans son programme, elle a notamment l'intention de restructurer les hôpitaux, de leur donner une nouvelle place dans notre système afin de "renforcer leur capacité à accueillir tout le monde". Pour cela, elle compte "recentrer leur activité sur leur valeur ajoutée et la médecine de recours", tout en redonnant confiance aux équipes qui les animent. Car, selon la ministre, la difficulté des hôpitaux n'est pas qu'une question financière et budgétaire.

De fait, Agnès Buzyn revient partiellement sur la promesse de campagne d'Emmanuel Macron visant à octroyer plus de moyens aux établissements. "Sur la santé et l’hôpital, nuance-t-elle, je ne dis pas qu’il n’y a pas besoin d’argent, mais nous sommes arrivés au bout d’une histoire et d’un système". La tarification à l’activité (T2A), notamment, a longtemps "fait croire à l’hôpital public qu’il devait se concentrer sur des activités rentables, qu’il devait se sentir une âme d’entreprise…"

Afin d'augmenter les ressources des hôpitaux, mieux vaudrait économiser sur certains des actes jugés "inutiles, redondants, et pourtant facturés et remboursés", ajoute la ministre. On en compte de 20 à 30%, parmi lesquels des opérations chirurgicales qui ne devraient pas avoir lieu. "Nous ne pouvons plus nous le permettre", prévient-elle. Pour cela, les patients et les professionnels de santé doivent être mieux informés et sensibilisés aux bonnes pratiques. Il faut également que "la Haute Autorité de santé (HAS) définisse ce qui est pertinent ou pas", assure-t-elle.

Par ailleurs, dans l'objectif que personne ne renonce aux soins pour des raisons d’avance de frais, Agnès Buzyn évoque dans les colonnes de Libération la nécessité de bien "identifier les populations qui ont besoin en priorité du tiers payant". Concernant le calendrier de faisabilité, la ministre attend un rapport pour le 31 mars 2018 et envisage de "prendre pour modèle ce qui s'est passé avec les pharmaciens". Ces professionnels ont réussi à mettre en place "un outil fonctionnel, avec un tiers payant réalisé dans 99 % des cas, sans obligation légale". "J’ai bon espoir que les médecins fassent de même", conclut la ministre.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)