Hôpital : la carte des fermetures de lits

La  mise en place progressive de la médecine ambulatoire dans les hôpitaux vise un objectif : "Changer les pratiques chirurgicales et médicales pour que les patients passent moins de temps à l'hôpital, tout en étant mieux soignés." Mais dans le fond, observe Le Figaro de ce 30 mars, il s'agit surtout d'économiser 3 milliards d'euros, conformément au plan de trois ans inscrit dans le redressement des finances publiques.

Pour cela, il est prévu de supprimer "un lit sur dix en chirurgie et en médecine dans les établissements" dont beaucoup sont déficitaires. Les 32 centres hospitaliers universitaires (CHU) que compte le territoire ont, en effet, enregistré en 2014 un déficit de 200 millions d'euros, faisant grimper leur dette à 11 milliards.

La suppression de 15.960 lits dans 570 services hospitaliers permettrait de réaliser 570 millions d'euros d'économies. C'est ce qu'espère le ministère de la Santé, qui vient de diffuser un document en interne baptisé "kit de déploiement", et que Le Figaro s'est procuré. Par ce programme de réduction du nombre de lits, c'est en réalité "le personnel hospitalier qui travaille à leur chevet qui est visé", estime le quotidien, car "la masse salariale des hôpitaux représente 65% de leurs dépenses de fonctionnement".

Supprimer des lits pour supprimer des postes est une logique qui n'est pas forcément effective, fait remarquer Roland Cash, consultant pour le ministère de la Santé. En effet, "fermer 5 lits dans un service qui en compte 28 ne permet pas de gagner grand-chose car le personnel qui y travaille ne peut pas être allégé dans les mêmes proportions". Quand la suppression d'un service hospitalier est impossible, les agences régionales de santé (ARS) proposent une autre solution : regrouper les gardes sur un département et mutualiser les équipes de nuit.

D'après la carte dévoilée par Le Figaro, les régions les plus atteintes par ces fermetures de lits seront l'Alsace, qui en verra disparaître 14% (soit 728 lits), la Lorraine 13% (896 lits) et autant pour la Franche-Comté (420 lits). Numériquement, l'Ile-de-France est la région qui va logiquement en perdre le plus avec 3.108 lits en moins, soit une baisse de 12%. Un taux analogue pourrait être appliqué en Champagne-Ardenne (420 lits).

Avec 11% de fermetures programmées, seront concernés la Haute-Normandie (420 lits), les Pays de Loire (812 lits), le Centre (616 lits) et le Languedoc-Roussillon (560 lits). La réduction des effectifs à 10% impactera la Bourgogne (476 lits), le Limousin (224 lits), l'Auvergne (364 lits), la région Rhône-Alpes (1.484 lits) et la Corse (84 lits). Enfin, 9% de lits en moins pour le Nord-Pas-de-Calais (924), la Picardie (448), la Basse-Normandie (420), la Bretagne (728), le Poitou-Charentes (364), l'Aquitaine (672) et la Provence-Alpes-Côte d'Azur (980). Midi-Pyrénées sera la région la moins atteinte avec 5% de perte, soit 280 lits supprimés.

Face à ce programme, écrit Le Figaro, les directions d'établissements vont devoir s'adapter. Certaines prévoient déjà de retarder leurs embauches, de ne pas renouveler tous les contractuels et de ne pas remplacer les départs en retraite.

A lire aussi dans la presse

Santé

Protection sociale

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)