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Hôpital : améliorer la lettre de liaison

La Haute Autorité de santé (HAS) a présenté le 10 décembre 2018 les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins dans les établissements de santé. La lettre de liaison, remise au moment de la sortie d'hospitalisation, fait partie des améliorations attendues.

La qualité de la lettre de liaison, remise au patient à sa sortie d'hospitalisation, doit être améliorée : c'est le constat de la Haute Autorité de santé (HAS) qui a présenté, le 10 décembre 2018, les résultats 2018 des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS). Ces indicateurs sont recueillis auprès des établissements de santé, publics ou privés, qui font l'objet d'une certification tous les quatre ans.

"Notre démarche est une démarche positive d'amélioration des pratiques. Les indicateurs ne sont pas là pour sanctionner les équipes mais, au contraire, les aider à mettre le doigt sur ce qui peut être amélioré", a déclaré la Pre Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, lors d'une conférence de presse. Le grand public peut accéder à ces résultats sur le site www.scopesante.fr.

"Rupture dans le parcours de soins"

Seuls 15% des établissements de santé de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) ont atteint un niveau de qualité satisfaisant concernant la lettre de liaison. "Elle n'est remise qu'à 4 patients sur 10, alors qu'il est attendu qu'elle le soit pour tous, afin d'assurer la continuité des soins hôpital-ville", précise la HAS. Par ailleurs, la synthèse des traitements médicamenteux est disponible dans uniquement un tiers des lettres. Son contenu permet pourtant de "sécuriser le suivi médicamenteux du patient".

"La lettre de liaison est un élément fondamental de la prise en charge et de l'accompagnement d'une personne vivant avec une maladie", rappelle Marie Citrini, représentante des usagers à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). "Si la lettre de liaison manque, cela crée une rupture dans le parcours de soins des personnes qui rentrent chez elles", renchérit-elle.

En chirurgie ambulatoire, le constat est semblable, avec à peine 13% des établissements qui proposent une lettre de liaison conforme aux attentes. La HAS recommande de cibler les efforts sur la remise de cette lettre au patient et de mieux planifier les soins à la sortie. "Un quart des patients déclarent ne pas avoir reçu d'informations sur les signes ou complications devant les conduire à recontacter l'établissement en urgence et deux tiers rapportent qu'ils n'ont pas eu le numéro de téléphone de la personne ou du service à contacter en cas d'urgence", rapporte la HAS. La moitié des patients n'ont pas été recontactés après leur sortie.

Bonne satisfaction globale

Globalement, en dépit des améliorations attendues, la HAS relève les bons résultats des indicateurs e-Satis, qui mesurent l'expérience et la satisfaction des patients hospitalisés plus de 48 heures en MCO. Ces derniers donnent une note de 73,3 sur 100. En 2018, ce recueil de résultats auprès des malades a été étendu à la chirurgie ambulatoire, avec une note de 76,4 sur 100.

"Si les malades sont plus anxieux en chirurgie ambulatoire, ils se sentent cependant soutenus par les professionnels au cours de cette prise en charge", soit neuf patients sur dix, détaille la HAS. En MCO, les patients se déclarent majoritairement satisfaits mais le soutien est jugé "moyen à mauvais" par près d'un quart des personnes. Enfin, la quasi-totalité des répondants estime que la prise en charge de la douleur a été "bonne à excellente". Il en est de même pour le respect de l'intimité.

Des patients traceurs

Pour améliorer la qualité et la sécurité des soins, la HAS se fixe de nouvelles priorités pour les prochaines années. Elle prévoit d'étendre "la mesure de la qualité à l'ensemble du parcours de soins, c'est-à-dire quel que soit le lieu où est délivré le soin, en ville, en établissement de santé ou, par exemple, en Ehpad", explique Dominique Le Guludec.

La HAS entend s'appuyer davantage sur les patients pour mesurer la qualité, en élargissant les patients traceurs aux visites de certification. La méthode des patients traceurs "permet d’analyser de manière rétrospective la qualité et la sécurité de la prise en charge d’un patient tout au long de son parcours", dans un cadre pluriprofessionnel et pluridisciplinaire, indique la HAS. "Elle prend en compte l’expérience du patient et de ses proches."

La prochaine version de certification, actuellement en cours de développement, "prendra mieux appui sur les recommandations et intégrera plus systématiquement les résultats des indicateurs". Enfin, dans le cadre du chantier "Qualité et pertinence" du plan Ma santé 2022, la HAS va élaborer des indicateurs sur les parcours de soins. Ce travail est mené avec l'assurance maladie et France Assos Santé.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)