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Homéopathie : rembourser ou pas ?

Le ministère de la Santé a saisi la Haute Autorité de santé pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement par l'assurance maladie.

Avant la fin de février 2019, la commission de transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) devra rendre son avis sur les médicaments homéopathiques, indique Le Monde. Il devra prendre en compte "leur efficacité et leurs effets indésirables, leur place dans la stratégie thérapeutique" et leur "intérêt pour la santé publique".

Le débat, récurent en France, de l'efficacité de l'homéopathie vient de resurgir après la publication, le 19 mars dans Le Figaro, d'une tribune au vitriol, signée par 124 médecins, demandant l'arrêt de son remboursement, rappelle Le Monde. Ce texte attaquait les "médecines alternatives", dont l'homéopathie, pratiquées selon les signataires, "par des charlatans en tout genre, qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire".

"Nous souhaitons recueillir l'avis de la commission de transparence [de la HAS] quant au bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques", souligne le courrier de saisine adressé par le ministère de la Santé, le 1er août. Si la grande majorité de ces médicaments sont vendus sans ordonnance et ne sont pas remboursés, une partie d'entre eux est prise en charge à hauteur de 30% par l'assurance maladie, souligne Le Monde.

"Cela représente une trentaine de spécialités, sur environ 7.000 médicaments évalués par la Haute Autorité de santé", précisait en mai la Dre Anne d'Andon, cheffe du service évaluation du médicament de la HAS. En 2017, les ventes totales d'homéopathie s'élevaient à près de 620 millions d'euros selon le cabinet OpenHealth, ce qui représente 1% du budget total des médicaments. Le sujet reste sensible en France, pays du leader mondial de l'homéopathie : le laboratoire Boiron, qui représente 60% du marché, précise Le Monde.

"La commission de la transparence du médicament s'interroge sur la pertinence du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun, compte tenu du taux de remboursement à 30%, voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité", indique Le Monde.

La ministre de la Santé, Agnes Buzyn, avait affirmé, fin mai, que "l'homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l'être". Utilisée par 56% des Français, l'homéopathie fait partie de l'arsenal thérapeutique. Pour certains, il n'existe aucune preuve formelle de son efficacité médicamenteuse, note Le Monde. Mais, pour d'autres, la question du déremboursement va bien au-delà. Le risque serait de voir des patients se tourner vers d'autres molécules comme les benzodiazépines (des anxiolytiques fréquemment prescrits), dont les effets secondaires sont démontrés.

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John Sutton

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