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Homéopathie : le déremboursement remis sur la table

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a évoqué, le 24 mai 2018, l'idée d'évaluer scientifiquement l'efficacité des médicaments homéopathiques. Si le service médical rendu n'était pas à la hauteur, leur déremboursement pourrait être à l'ordre du jour.

Même si la moitié des Français la plébiscitent, l'homéopathie n'a pas vraiment le vent en poupe auprès des professionnels de santé. Courant mars 2018 déjà, 124 d'entre eux l'avaient remise en cause dans une tribune, parmi d'autres médecines alternatives. Tribune qui, sans surprise, avait provoqué des remous chez ses partisans. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait alors considéré que l'étude de sa prétendue inefficacité n'était pas à l'ordre du jour.

Le 24 mai 2018, rapporte le site de France Info, la ministre a quelque peu révisé sa position sur l'antenne de France Inter. Selon elle, l'homéopathie pose effectivement un problème, car jamais elle n'a été évaluée par l'assurance maladie comme un médicament. Et pourtant, elle est remboursée. Peut-être serait-il temps de la faire "entrer dans le droit commun" afin d'être évaluée de façon scientifique, a ajouté Agnès Buzyn,

Une position qui semble satisfaire le Dr Jérémie Descoux, cardiologue et cosignataire de l'appel. "Ça va dans le bon sens, estime-t-il dans Le Figaro. De très nombreuses études internationales concluent toutes à l'absence d'efficacité de l'homéopathie, en dehors de l'effet placebo. Si on prend en compte ces données, cela ne peut qu'aboutir à son déremboursement". De nombreux pays sont eux-mêmes passés à l'acte depuis longtemps.

La France fait exception. "Quelques dizaines de produits homéopathiques font toujours l'objet d'un remboursement jusqu'à un maximum de 30% par la Sécurité sociale lorsqu'ils sont prescrits par un médecin ou une sage-femme. Un phénomène qui révèle certaines incohérences au niveau réglementaire", écrit Le Figaro.

Avant commercialisation, comme n'importe quel médicament remboursable, les produits homéopathiques doivent se faire enregistrer auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ou demander une autorisation de mise sur le marché (AMM). Sauf que, depuis des décennies, ils échappent à une contrainte commune à tous les médicaments : ils sont dispensés de fournir la preuve de leur efficacité et de leur innocuité.

"Ce traitement de faveur n'est pas sans poser problème à la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) qui, tous les cinq ans, réévalue le service médical rendu (SMR) des médicaments remboursés", explique le quotidien. Généralement, si le SMR est jugé insuffisant, le médicament peut être déremboursé. De par son statut, l'homéopathie échappe à ce risque.

De fait, conclut France Info, le débat sur l'efficacité de l'homéopathie est relancé. Si celle-ci devait être déremboursée, la Sécu ferait une économie de 0,3% sur le budget annuel de prise en charge des médicaments.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)