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Hépatite C : les traitements innovants font grimper les dépenses de la Sécu

Les traitements innovants, comme le Sovaldi®, délivrés à l'hôpital pour soigner des pathologies lourdes, telles que l'hépatite C, augmentent les dépenses de médicaments, indique l'étude Médicam présentée le 15 octobre par l'assurance maladie. Après deux années de recul, les remboursements ont progressé de 3,8% en 2014.

Les remboursements de médicaments ont représenté 23 milliards d'euros en 2014, contre 22,1 milliards en 2013, soit une hausse de 3,8%. Alors qu'un recul de ces dépenses avait été enregistré au cours des deux années précédentes, "l'année 2014 marque une rupture", a déclaré le jeudi 15 octobre Mathilde Lignot-Leloup, directrice déléguée à la gestion et à l'organisation des soins de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). "Cette tendance est essentiellement due à l'arrivée et à la prise en charge des nouveaux traitements antiviraux contre l'hépatite C", comme par exemple le Sovaldi®, a-t-elle expliqué lors de la présentation de l'étude Médicam.

"Accès égalitaire et équitable"

"L'accès égalitaire et équitable des assurés à ces innovations" a permis de traiter "13 000 patients atteints d'hépatite C en 2014", a précisé Mathilde Lignot-Leloup. Ce nombre est plus élevé et "sans commune mesure avec d'autres pays", comme l'Allemagne, l'Espagne, la Finlande, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Pour continuer à financer les traitements innovants et les maintenir accessibles aux patients atteints d'une maladie grave, "il devient plus que jamais nécessaire de gagner en efficience dans la prescription courante".

Le nouvel essor des dépenses de médicaments est essentiel­lement dû à une montée en charge de la rétrocession hospi­ta­lière, une tendance confirmée au premier semestre 2015. Cette pratique permet aux hôpitaux de fournir aux patients soignés en ambulatoire des médicaments non disponibles en pharmacie. Utilisés pour traiter des pathologies lourdes, ces produits onéreux ne sont pas imputés sur le budget de l'hôpital, mais pris en charge par l'assurance maladie dans le cadre des soins de ville.

Les dépenses de rétrocession ont ainsi progressé de 63,6% entre 2013 et 2014, pour atteindre 2,7 milliards d'euros, contre 1,6 milliard auparavant. A eux seuls, les traitements contre l'hépatite C ont enregistré la plus forte croissance : ils ont bondi de 206% en 2014, soit 408 millions d'euros.

Parmi les autres classes thérapeutiques qui ont connu une forte augmentation, à noter les traitements du cancer, les antirhumatismaux, les antidiabétiques, les médicaments pour lutter contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ou encore la sclérose en plaques.

Des économies en pharmacie

Au chapitre des nouvelles encourageantes, les remboursements de médicaments vendus en pharmacie ont diminué l'an passé. "Hors rétrocession hospitalière, nous observons une baisse de 1% pour les médicaments délivrés en ville", se félicite Mathilde Lignot-Leloup. Si les pathologies graves constituent aussi "le principal moteur de croissance des dépenses en officine de ville", avec une progression de 156 millions d'euros en un an, le traitement des pathologies chroniques a, quant à lui, baissé de 272 millions d'euros.

Par ailleurs, les génériques engendrent "encore des économies substantielles", d'un montant de 1,73 milliard d'euros. Fin décembre 2014, le taux de substitution d'un médicament de marque par un gé­nérique culminait à 83,3%. Les baisses de tarifs contribuent également à la modération des dé­penses, avec une économie an­nuelle de 818 millions d'euros.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)