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Hépatite C : les nouveaux traitements rationnés

Les pouvoirs publics ne seraient-ils pas en train de faire le tri chez les victimes d'hépatite C ? C'est en tout cas le sens de l'alerte récemment lancée par plusieurs associations de patients, qui dénoncent un accès rationné aux nouveaux traitements.

Selon le collectif interassociatif pour la santé (Ciss), Aides ou encore Médecins du Monde, les médicaments innovants de Gilead, BMS et AbbVie seraient en effet réservés, pour une question de coûts, à des patients au stade avancé de la maladie, rapportent Les Echos (page 3).

Il faut dire que, depuis deux ans, les dépenses pour soigner l'hépatite C ont explosé, "au point de contraindre le gouvernement à faire voter un mécanisme de récupération d'une partie du chiffre d'affaires des fabricants. Le coût du traitement de l'hépatite C s'est élevé à 1,15 milliard d'euros en 2014, ramené à 650 millions d'euros après diverses remises. En 2015, estime Gilead, l'addition aurait plafonné à 700 millions d'euros - soit le seuil de déclenchement du mécanisme législatif."

Les associations réclament aujourd'hui aux pouvoirs publics la possibilité d'étendre le traitement à tous les malades. D'autant que, selon elles, "les études montrent qu'il est préférable d'initier un traitement précoce avant que le foie ne se dégrade".

Evidemment, du côté des laboratoires on plaide également pour la généralisation des prescriptions. Pour Michel Joly, à la tête de la filiale française de Gilead, "ouvrir l'accès à tous les patients, y compris les moins sévères" reviendrait à traiter entre 15.000 et 20.000 malades par an. Soit suffisamment pour éradiquer la maladie, comme le souhaitent les autorités sanitaires.

Les associations de patients exigent aussi des laboratoires "une baisse drastique des prix des traitements actuels et à venir". Or justement, soulignent Les Echos, " ce que les industriels veulent éviter, c'est un coup de rabot sur leurs prix." Ceux-ci ont déjà été divisés par deux en deux ans, se plaint le représentant de Gilead.

En avril, le gouvernement réunira à Lyon plusieurs pays européens dans le cadre d'une conférence sur le thème de l'innovation. Au cours de celle-ci, annonce le quotidien économique, une stratégie tarifaire commune face aux laboratoires devrait être adoptée.

A lire aussi dans la presse - Reprendre le travail après un burn-out

Forte actualité actuellement autour de l'épuisement professionnel. Le 21 février 2016, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé la mise en place d'un groupe de travail réunissant médecins, experts et chercheurs pour définir ce qu'est le burn-out d’un point de vue médical, et "la manière de le traiter".

Pour sa part, écrit le Figaro (page 9), l’Académie de médecine a réclamé davantage de recherches sur le sujet, qui reste un concept flou, "non reconnu comme une pathologie à part entière."

Mercredi 17 février, déjà, le député (PS) Benoît Hamon déposait une proposition de loi pour faciliter la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, rappelle Le Monde Economie (page 8). L'enjeu est de supprimer le taux d'invalidité de 25%, seuil actuellement nécessaire pour que l'épuisement professionnel soit reconnu en tant que pathologie. Car il s'agit bien d'une maladie, dont "on ne sort pas indemne", écrit le quotidien.

Dans cette pathologie, observe le quotidien, "le retour au travail est crucial". Selon Adrien Chignard, psychologue du travail, le burn-out génère en effet une peur de reprendre son activité dans le même environnement, "ainsi qu'une très grande perte de confiance en soi et en sa capacité professionnelle".

De fait, "dans huit cas sur dix, les victimes ne retournent pas à leur ancien poste. Elles bougent au sein de l'entreprise, la quittent pour une autre ou sont placées en inaptitude, estime Christophe Desperies, directeur du pôle conseil santé au travail chez Réhalto, cabinet spécialisé dans le développement du bien-être au bureau. Et, quand elles parviennent à revenir à leur poste, une adaptation est nécessaire pour éviter les rechutes".

Tout retour réclame donc une préparation du salarié en amont, de préférence en se faisant accompagner de professionnels et par l'entreprise, qui aideront à l'identification des facteurs du trouble. Il faut également changer de comportement dans sa vie privée : arrêter par exemple de lire ses mails hors des heures de travail, ou de parler de son activité à son domicile.

A la faveur de cette prise de recul, un burn-out peut aussi être l'occasion de rebondir professionnellement, ajoute Le Monde, une façon de changer de voie, de se réorienter dans une autre entreprise "plus saine". Et "l'employeur aussi peut y trouver une occasion d'améliorer son management". Mais là, conclut le quotidien, la possibilité est souvent loin d'être saisie par l'entreprise.

En bref

Social

  • "Fonction publique : Girardin prudente sur le dossier salarial." Mardi 23 et mercredi 24 février 2016, la nouvelle ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, reçoit les syndicats sur la question des salaires des fonctionnaires. Depuis 2010, aucune augmentation générale n'a eu lieu, en raison du gel du point d'indice servant de base à leur traitement. Le ministère des Finances s'appuie sur un rapport de la Cour des comptes pour affirmer qu'il n'est pas nécessaire d'augmenter la valeur du point. Les Echos page 2.
  • "Code du travail : les syndicats préparent leur riposte." Le projet de loi El Khomri de réforme du Code du travail pousse 9 syndicats à se réunir ce mardi 23 février 2016, afin de discuter d'"actions et initiatives communes" à mener contre ce texte jugé par toutes les organisations de salariés comme beaucoup trop favorable au patronat. Malgré la menace d'un mouvement d'ampleur, le chef du gouvernement, Manuel Valls, a défendu hier la réforme tout en indiquant que le "débat" et la "discussion" sont préférables à l'article 49.3 pour son adoption. Les Echos page 3, Le Monde page 9, et Libération pages 10 et 23.
  • "Satisfecit sur la fiabilité des comptes de l'Etat." La Cour des comptes salue, dans un rapport publié le 22 février 2016, les efforts entrepris par la France en matière de fiabilité et de transparence des comptes de l'Etat ces dix dernières années. Citant une étude commandée par Bruxelles, les magistrats financiers relèvent que le pays figure parmi les bons élèves en matière de fiabilité de ses comptes quand ceux de l'Allemagne se situent dans le bas du classement. Les Echos page 4.
  • "Droit à l'oubli après un cancer : peut mieux faire !" Début février, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait annoncé la mise en place de mesures visant à faciliter l'accès à des prêts bancaires pour les anciens malades de cancers du sein, du testicule, de la peau, du col de l'utérus ou de la thyroïde, ou encore de l' hépatite C. Une grille de référence déterminant au cas par cas les délais du droit à l'oubli ces pathologies avait même été dévoilée le 4 février 2016. Sauf que l'association Rose, qui soutient les femmes victimes du cancer du sein, s'est aperçue que, d'après cette grille, les seuls les cancers du sein des femmes âgées donnent effectivement le droit à l'oubli après un an. Le Parisien/Aujourd'hui page 10.

Santé

  • "Zika et microcéphalies : l’étau se resserre." Selon le directeur général adjoint de l’OMS, Bruce Aylward, "il y a aujourd’hui une accumulation croissante d’indices", en faveur d’un lien entre le virus Zika et les cas de microcéphalies chez les nouveau-nés. Des mois de recherche sont néanmoins encore nécessaires avant que les scientifiques en apportent la preuve. Le Figaro page 9.
  • "185 cosmétiques épinglés." Selon l'association de consommateurs UFC-Que choisir, 185 produits cosmétiques courants (dentifrices, déodorants, après-rasages, soins pour les cheveux…) contiennent des substances "préoccupantes, telles que des allergènes, des composés toxiques ou des perturbateurs endocriniens. "Malgré les alertes répétées des toxicologues et des dermatologues, les fabricants n'ont toujours pas changé leurs pratiques, a assuré hier l'UFC qui appelle au boycott de ces produits. Le Parisien/Aujourd'hui page 8.

Et aussi

  • A cause de la prostitution, des viols, des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non suivies, les médecins et sages-femmes de Gynécologie sans frontières ont fort à faire dans le camp de réfugiés de Calais. Le Figaro page 12.
  • Une grossesse après 45 ans n'est pas sans danger pour l'enfant et pour la mère. Le Parisien/Aujourd'hui pages 2 et 3.
  • Dans un entretien, le responsable démissionnaire du secrétariat général de la Conférence nationale de santé (CNS) évoque la "mascarade de démocratie" qui l'a poussée à quitter le ministère de la Santé. Le Parisien/Aujourd'hui page 7.
  • Le Pakistan a autorisé hier l’importation du très coûteux Sovaldi® pour mieux soigner ses 8 millions de malades atteints d’hépatite C (sur 188 millions d’habitants). Le traitement standard avoisine généralement les 76.000 euros. Libération page 9.
John Sutton

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