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Handicap : un collectif réclame un revenu d’existence « décent »

Regroupées au sein du mouvement "Ni pauvre, ni soumis", des organisations du secteur médico-social demandent une réforme globale des ressources des personnes en situation de handicap ou atteintes d’une maladie invalidante. Objectif : la création d’un revenu de remplacement d’un montant au moins égal au Smic.

"Un revenu d’existence décent" : c’est ce que réclame le mouvement "Ni pauvre, ni soumis" lancé le 29 janvier 2008. Ce collectif, dont le nom fait référence à l’association "Ni putes, ni soumises", regroupe des organisations nationales et locales du secteur médico-social. Parmi elles, figurent l’Association des paralysés de France (APF), la Fnath (accidentés de la vie) et l’Unapei (handicap mental).

"Aujourd’hui, dénonce “Ni pauvre ni soumis”, des centaines de milliers de personnes en situation de handicap, atteintes de maladie invalidante ou victimes d’accident du travail (...) sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté. "La plupart ne peuvent plus accéder à une activité professionnelle et se retrouvent ainsi "marginalisées"."

"Ma vie quotidienne ? Je ne vis pas !"

"Pour l’alimentation, on va dans les discounts, témoigne l’une des adhérentes de l’APF, dont le mari est paralysé. Nous nous chauffons au plus juste, pour le téléphone idem. Nous ne sommes jamais partis en vacances, même quelques jours. Nos distractions sont presque nulles." "Globalement, résume une autre, mes ressources sont insuffisantes dans tout et pour tout. Ma vie quotidienne ? Je ne vis pas !"

Pour "Ni pauvre, ni soumis", la question des ressources a été insuffisamment traitée par la loi du 11 février 2005 sur le handicap. Les pensions sont trop faibles : le complément de ressources à l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ou à l’allocation supplémentaire invalidité (ASI) est soumis à des critères d’attribution trop restrictifs. Et après 60 ans, âge de la retraite, les personnes en situation de handicap ou souffrant de maladie invalidante voient leurs ressources diminuer.

Le mouvement juge par ailleurs "obsolète" le système de revalorisation des prestations. Il réclame la création d’un revenu de remplacement "égal au moins au montant du Smic brut et indexé sur celui-ci". Autre revendication : la possibilité de cumuler ce revenu de remplacement avec un revenu professionnel, selon le principe du revenu de solidarité active (RSA), testé actuellement pour des personnes bénéficiant des minima sociaux.

Revaloriser les allocations

Sans attendre la mise en place d’une telle réforme, "Ni pauvre, ni soumis" demande dès cette année une revalorisation d’au moins 5% de l’AAH. Le montant maximum de cette allocation, versée à près de 800.000 personnes, est aujourd’hui fixé à 628,10 euros. Bloquée au deuxième semestre 2007, cette allocation a été majorée de 1,1% au 1er janvier, rappelle-t-on. Elle le sera également de 1% en juillet. On est loin des promesses de Nicolas Sarkozy, estiment les associations. Lors de la campagne présidentielle, le futur président de la République avait proposé de revaloriser l’AAH de 25% en cinq ans pour permettre aux personnes en situation de handicap de "vivre décemment".

Ces organisations du secteur sanitaire et social réclament également une augmentation de 5% de l’ASI ainsi que de la pension d’invalidité et des rentes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Pour porter ces revendications, "Ni pauvre, ni soumis" organise "une marche vers l’Elysée" le samedi 29 mars et les citoyens sont appelés à signer "un pacte de soutien". Plus de 7.000 personnes ont déjà signé ce texte.

Martine Ciprut