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Handicap : prévenir la désinsertion professionnelle

Les Assises du maintien dans l'emploi, qui se sont déroulées mardi à Paris, ont permis de présenter les actions menées et les résultats obtenus par les services de santé au travail d'Ile-de-France.

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) s'était alarmée dans un rapport publié en janvier 2018, du nombre de salariés menacés de désinsertion professionnelle du fait de leur maladie ou de leur handicap. Selon elle, 5% à 10% de salariés seraient concernés. Soit entre un et deux millions de personnes.

Face à l'ampleur du problème, le gouvernement a confié à la présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées, Dominique Gillot, une mission pour sécuriser l'emploi des personnes en situation de handicap, ainsi que de leurs aidants, rapporte Le Monde.

En attendant son rapport, dont la publication est prévue "courant mai", Dominique Gillot en a révélé quelques pistes : "intervenir le plus précocement possible" auprès des salariés handicapés et "améliorer la coordination" entre les médecins, ainsi que la communication entre salarié et employeur.

"L'entreprise qui ne se met pas en position de prévenir la désinsertion professionnelle met en situation d'exclusion", affirme-t-elle dans Le Monde. Tandis que les employeurs craignent de voir les arrêts maladie s'enchaîner, les salariés sont parfois pris en étau entre les contraintes de la maladie et celles de leur vie professionnelle.

Selon une enquête réalisée en 2014 par l'Institut national du cancer, 3 personnes sur 10 auront perdu ou quitté leur activité deux ans après le diagnostic. "Mais lorsque tombe le couperet de l'inaptitude, difficile de rebondir professionnellement. La plupart des salariés déclarés inaptes à reprendre leur poste sont licenciés", poursuit Le Monde.

Selon une étude réalisée par la Fédération régionale des services de santé au travail inter-entreprises d'Ile-de-France, seuls 34% des salariés concernés fin 2017 travaillaient encore dans leur entreprise d'origine au bout d'un an.

L'employeur est certes soumis à une obligation de reclassement, mais celle-ci est forcément limitée. "C'est particulièrement délicat dans les TPE, souligne, dans Le Monde, Gérald Demortière, médecin du travail et coordinateur de l'Association inter-entreprises de médecine du travail. Une coiffeuse qui développe de l'asthme dans un salon de trois salariés, comment voulez-vous la reclasser ?"

S'ajoutent les comportements parfois abusifs d'employeurs tentés de pousser le salarié affaibli vers la sortie. Souffrant de troubles musculo-squelettiques (TMS), Charlotte vient de remporter un procès contre son entreprise pour licenciement abusif et harcèlement moral. Après un arrêt maladie de six mois, cette conductrice de bus avait demandé un aménagement de poste. "A l'encontre des préconisations du médecin du travail, ils m'ont filé le plus vieux bus de la Régie", dénonce-t-elle, dans le quotidien.

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John Sutton

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