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Handicap : organiser la formation des professionnels de santé

Un parcours de soins "sans rupture d’accompagnement", c’est l’ambition des propositions du rapport de Pascal Jacob sur l’accès aux soins des personnes en situation de handicap. Rendu public début juin, ce document préconise notamment d’intégrer des formations spécifiques dans les cursus des futurs professionnels du soin.

"Ta peur me fait peur !" C’est pour sortir de cette spirale angoissante, exprimée par un jeune infirme moteur cérébral auprès d’un de ses médecins, que Pascal Jacob estime nécessaire de combler "le fossé entre les personnes handicapées et un certain nombre de personnels soignants".

Cette ambition est l’une des principales recommandations du rapport intitulé "Un droit citoyen pour la personne handicapée, un parcours de soins et de santé sans rupture d’accompagnement", remis début juin à la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, par le président de l’association Handidactique-I=MC2.

Concrètement, cette proposition pourrait prendre la forme d’"un stage d’une quinzaine de jours permettant de confronter les futurs professionnels du soin aux personnes handicapées, pour qu’ils acquièrent une bonne connaissance des réalités du handicap", à l’image du dispositif existant en Grande-Bretagne.

Equipes mobiles d’urgence

Des modules de formation spécifiques pourraient également être programmés dans les cursus de formation des carrières médicales et paramédicales "en insistant sur la notion d’accompagnement". Dans ce cadre, l’auteur du rapport met en lumière l’importance "d’associer des personnes en situation de handicap comme formateurs pour l’amélioration des compétences des professionnels de santé".

Cent quarante-neuf autres propositions destinées à "faire tomber un à un les obstacles à l’accès aux soins" constituent ce rapport élaboré selon une démarche originale autour de 10 ateliers thématiques. Ces derniers ont rassemblé de nombreux acteurs du soin et du handicap, parmi lesquels la Mutualité Française, et des personnes en situation de handicap, dont les témoignages sont largement retranscrits.

Ce document préconise notamment de mieux accompagner et former les aidants mais aussi d’intensifier "la prévention médicale de la personne handicapée", aujourd’hui "quasi-inexistante", surtout chez les personnes qui ne travaillent pas et ne sont pas scolarisées. Autres suggestions : améliorer durablement la coordination entre les acteurs en créant une fonction de "référent du parcours de santé" (RPS), confiée à un professionnel qualifié et développer des outils dédiés comme un carnet de santé unique informatisé.

Pascal Jacob recommande par ailleurs de consacrer un effort tout particulier aux urgences – jugées "catastrophiques" lorsqu’il s’agit d’accueillir des personnes en situation de handicap – en créant des équipes mobiles d’urgence pluridisciplinaires et territorialisées, ou encore d’éviter autant que possible l’hospitalisation dans les dernières semaines de vie via une hospitalisation à domicile (HAD) et des équipes ressources en soins palliatifs.

Mesurer la qualité

Soulignant "la qualité du travail des ateliers qui ont servi à son élaboration", Michelle Dange, présidente de Générations mutualistes, juge ce rapport "exhaustif en ce qu’il concerne tous les aspects du soin et de la santé des personnes en situation de handicap, de la prévention aux urgences en passant par l’accessibilité, et qu’il aborde leur accompagnement dans le parcours de santé, la formation des professionnels et des aidants ainsi que la coordination".

Si certaines préconisations, comme la création de la fonction de référent du parcours de santé, nécessiteront des expérimentations et des modifications législatives, la présidente du réseau famille de la Mutualité Française salue en particulier certains aspects "novateurs". Parmi ceux-ci : la définition d’objectifs quantifiés de qualité et de santé publique visant à mesurer l’efficience des mesures proposées au bout de trois ans, puis de cinq ans, et à évaluer "les économies liées à la prévention, l’amélioration du dispositif de proximité et la meilleure prise en charge des urgences".

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)