Halte aux pellicules !

Pour chasser les pellicules, il est conseillé d’éviter le stress et la pollution, de bien dormir, de profiter des bienfaits du soleil et de la mer. L’utilisation d’un shampooing adapté donne également de bons résultats. Mais, dans certains cas, un traitement médical est nécessaire.

Les pellicules, ça fait négligé et ça gratte ! Cela commence par le col, les épaules ou le dos d’une veste bleu marine ou noire saupoudrée de flocons blancs, que vous découvrez dans le miroir ou, pire, qu’on vous fait remarquer. Cela peut être aussi un cuir chevelu qui se met curieusement à démanger. Les pellicules s’installent… et pour longtemps si on ne fait rien pour les éliminer.

Ce phénomène de desquamation de la peau est associé à de petits champignons, des levures, qui se trouvent à la surface du cuir chevelu et répondent au nom exotique de "malassezia". "Nous en avons tous, mais ils prolifèrent chez certaines personnes ou dans certaines circonstances, jusqu’à devenir très irritants et provoquer le détachement accéléré de fragments de peau, qui habituellement se renouvelle sans se faire remarquer", explique le Dr Pascal Reygagne, dermatologue, spécialiste du cuir chevelu.

Les hommes plus souvent atteints

Sans que l’on sache pourquoi, il y a des têtes plus exposées que d’autres. Les experts dans ce domaine constatent que certains facteurs favorisent les pellicules : le manque de sommeil, le surmenage mais aussi le stress et la pollution, qui modifient les qualités du sébum. Ces agressions activent la desquamation des cellules du cuir chevelu, qui, normalement, mettent environ trois semaines à se régénérer. Ils notent également, sans se l’expliquer, que les hommes en sont plus souvent atteints que les femmes.

Quelle que soit leur cause, les pellicules se manifestent de deux façons. Sèches et de très petite taille, elles démangent peu. Grasses, plus grosses et inflammatoires, elles provoquent des rougeurs et donnent vraiment envie de se gratter. C’est alors le signe d’une dermite séborrhéique, nécessitant un traitement médicamenteux qui doit être prescrit par un dermatologue. Mais, contrairement à une idée reçue, les pellicules n’empêchent pas les cheveux de pousser et ne les font pas tomber. Elles peuvent toutefois aggraver une chute de cheveux, sans la déclencher.

Pour se débarrasser des pellicules courantes, la solution la plus efficace consiste à se laver les cheveux plus fréquemment que d’habitude pour éliminer les champignons en excès qui en sont responsables. "Un shampooing doux d’usage fréquent peut suffire à régler les petits problèmes de pellicules", indique le Dr Reygagne. Quand cela ne suffit pas, une coupe de cheveux peut être bénéfique, car elle modifie la température et l’humidité qui règnent à la surface du cuir chevelu.

Une alimentation vitaminée riche en fruits et légumes verts peut aider à venir à bout de ces manifestations inesthétiques. Le repos est également conseillé. Il n’est pas rare de constater une réelle amélioration de son état après des vacances. Et notamment lorsqu’on va au bord de la mer durant l’été. Ce résultat bénéfique serait dû à l’action anti-inflammatoire du soleil et à l’effet de l’eau salée sur le cuir chevelu.

Un shampooing acheté en grande surface

Autre solution qui a fait ses preuves, le shampooing antipelliculaire, "même acheté en grande surface", donne des résultats en une quinzaine de jours, comme le souligne le Dr Reygagne. Il contient des substances antimycosiques qui agissent contre les champignons. "Il faut l’utiliser deux à trois fois par semaine, mais pas plus, en respectant bien le mode d’emploi et les temps de pause indiqués sur le flacon", insiste-t-il.

Si ce traitement classique ne suffit pas, un shampooing kératorégulateur, qui va contrôler la prolifération des cellules du cuir chevelu, peut être acheté en pharmacie. Si, malgré l’usage de ce produit, les pellicules persistent, l’avis d’un médecin dermatologue sera nécessaire. Il prescrira un shampooing ou une lotion, dont certains peuvent être remboursés par la Sécurité sociale. Ces produits contiennent généralement de la cortisone ou de la kétoconazole. Ils sont efficaces en cas de pellicules sévères ou de dermite séborrhéique.

"Quand des changements de comportement donnent de bons résultats, il est important de continuer à les pratiquer et quand un shampooing est efficace, il faut poursuivre son utilisation, en entretien et en prévention. Si on arrête tout dès que cela va mieux, le naturel revient au galop", prévient Pascal Reygagne.

Par ailleurs, le dermatologue met en garde les parents lorsque des pellicules apparaissent chez les enfants ou les adolescents. Il faut alors consulter, car ce ne sont pas de simples pellicules, inconnues avant la fin de la puberté, mais le signe d’un autre problème médical : un eczéma, un champignon, une teigne… Mais il faut d’abord éliminer l’hypothèse de la classique invasion de poux.

Martine Doriac

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