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Grossesse : le bon moment pour arrêter de fumer

Malgré les risques du tabac pour la grossesse, un tiers des femmes continuent à fumer alors qu’elles sont enceintes. Pourtant, quelle meilleure occasion pour arrêter la cigarette que d’attendre un enfant ? La motivation est toute trouvée et les professionnels de santé sont là pour vous épauler.

Pour Barbara, le tabac, c’est de l’histoire ancienne. Voilà un an et demi que cette jeune femme de 31 ans a écrasé sa dernière cigarette. Son seul regret ? Ne pas avoir réussi à arrêter plus tôt, pendant ses deux grossesses. "Lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant, je n’avais pas vraiment conscience du mal que je pouvais lui faire en fumant, raconte-t-elle. Pour mon deuxième, j’ai réussi à arrêter après la seconde échographie, mais faute de soutien, j’ai repris au bout de deux mois et demi."

Comme Barbara, environ 30% des femmes fumeuses continuent à fumer en étant enceintes, et ce malgré les dangers du tabac pour la grossesse et le bébé. Première cause évitable de grossesse extra-utérine et d’avortement spontané, la cigarette double aussi le taux d’accouchements prématurés et de décès in utero. Elle a également d’importantes conséquences sur le développement du foetus.

Des bébés plus petits

"Le monoxyde de carbone (CO) contenu dans la fumée de tabac prend la place de l’oxygène dans le sang de la mère, indique le Pr Michel Delcroix, responsable du programme Maternité sans tabac au sein du réseau Hôpital sans tabac. Le foetus est donc moins bien oxygéné, ce qui entraîne un retard de croissance intra-utérine." Un nouveau-né dont la mère a fumé plus de 20 cigarettes par jour pèsera ainsi 450 grammes de moins en moyenne.

Pour limiter les risques, rien ne sert de diminuer sa consommation de tabac : les quelques cigarettes autorisées seront fumées avec plus d’intensité, ce qui les rendra tout aussi nocives… L’idéal est d’arrêter totalement de fumer, de préférence en début de grossesse ou, mieux encore, avant de tomber enceinte, car le tabac allonge aussi le délai de conception.

"Néanmoins, il n’est jamais trop tard pour stopper la cigarette !, rappelle Conchita Gomez, présidente de l’Association nationale des sages-femmes tabacologues. L’arrêt sera bénéfique même quelques jours avant le terme, car il va améliorer l’oxygénation de la mère et de l’enfant, ce qui leur permettra de mieux affronter l’épreuve physique qu’est l’accouchement."

Patchs à la nicotine

Si un tiers des femmes jettent leur paquet de cigarettes d’elles-mêmes en début de grossesse, la plupart auront besoin de soutien pour franchir le pas. Si vous avez un projet d’arrêt, le mieux est donc d’en parler à votre gynécologue ou à votre sage-femme, qui peut vous aider à mettre en place la bonne stratégie de sevrage. De nombreuses maternités proposent d’ailleurs des consultations spécialisées.

"La prise en charge débute toujours par une mesure du CO dans l’air expiré, destinée à évaluer le degré d’intoxication, indique Conchita Gomez. Cela renforce la motivation des personnes et permet d’ajuster le plan d’arrêt." A l’issue du test, les femmes les plus dépendantes se verront ainsi prescrire des substituts nicotiniques - en général des patchs - pour supprimer les signes de manque. Contrairement aux médicaments comme le Zyban® (bupropion), ces traitements sont en effet autorisés durant la grossesse. "Malheureusement, de nombreux médecins pensent encore qu’ils sont dangereux pour le bébé, regrette Michel Delcroix. Or, ce qui est le plus dangereux, ce n’est pas la nicotine, mais le monoxyde de carbone de la cigarette !"

Le soutien du futur papa

Pour que l’arrêt se concrétise, les substituts nicotiniques doivent néanmoins être associés à un soutien psychologique, sous la forme d’entretiens individuels ou collectifs : "Il faut faire un travail de fond, afin d’amener les personnes à gérer leur stress autrement que par la cigarette, précise Conchita Gomez. On leur apprend par exemple à anticiper les situations à risque et à changer certaines habitudes. Les exercices de respiration, le yoga, voire l’acupuncture, peuvent également être mis à profit."

Pour Michel Delcroix, l’idéal est que le conjoint arrête de fumer en même temps que la mère, afin de la soutenir dans sa démarche. "Sans une stratégie de sevrage globale, associant l’entourage des femmes enceintes, la plupart d’entre elles reprendront la cigarette après l’accouchement", prévient-il.

Stéphanie Lampert

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)