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Grippe : ici, c’est le pharmacien qui vaccine

Dans deux régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine, les patients peuvent désormais se faire vacciner contre la grippe par leur pharmacien.

Lorsque Zohra, trentenaire et diabétique, a appris que les pharmaciens de l'agglomération lyonnaise pouvaient vacciner contre la grippe cette année, elle a franchi, curieuse, la porte de cette officine, située à proximité de son domicile. Depuis le 6 octobre, les pharmaciens de deux régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine, sont autorisés à mener cette expérimentation inédite, alors que ce geste était jusque-là réservé aux médecins et aux infirmières, indique Le Parisien.

Zohra connaît bien Didier, le pharmacien qui lui délivre ses médicaments depuis six ans. "D'habitude, je me fais vacciner sur mon lieu de travail, à l'université, témoigne cette fonctionnaire administrative. Mais là, il fallait patienter jusqu'à la fin des vacances scolaires. Et avec un bébé de 10 mois, je ne pouvais pas attendre."

A cause de son diabète, Zohra fait partie des douze millions de Français à risque, pour qui la vaccination est recommandée. Dans le bureau du pharmacien, elle répond d'abord à un questionnaire. "Vous n'attendez pas d'enfant ?", l'interroge-t-il. En effet, le dispositif n'est pas ouvert à tous. Impossible notamment d'immuniser les femmes enceintes, qui doivent continuer à consulter leur médecin, précise Le Parisien.

Didier réalise ensuite l'injection. En vingt minutes, l'affaire est conclue. "Ça va vite, plus vite que chez le médecin, se réjouit-elle. Et puis, il a été formé !" En effet, le temps d'une journée, ce professionnel de santé est retourné sur les bancs de la fac de pharmacie, à Lyon, avec trente de ses confrères. Quiz, cours d'immunologie, ateliers d'entraînement, examen final... Une session complète.

Ce pharmacien fait trois ou quatre vaccinations par jour. Pour cet acte, il est rémunéré 6,10 euros par vaccin. Dans l'officine, ses collègues sont plus sceptiques. "Ça ne me dérange pas de faire des injections, mais je préfère attendre qu'il y ait un cadre juridique. S'il y a un problème, qu'un patient se retourne contre nous, je veux qu'on soit couvert", réagit prudemment Bénédicte. Amandine, de son côté, juge que "ce n'est pas [son] rôle. On a déjà beaucoup de missions", estime-t-elle, dans Le Parisien.

"Cette initiative est une bonne chose. L'hiver, ces rendez-vous nous prennent quarante-cinq minutes par jour, soit trois consultations en plus", réagit Gisèle Vedovato, médecin généraliste dont le cabinet se trouve à côté de la pharmacie. A 2 kilomètres de là, Anne-Sophie Malachane, 56 ans, pharmacienne élue à l'Ordre et formatrice, se fait aussi vacciner par sa collègue Marie. "On ne prend pas la place des médecins, on les épaule. Et puis, on a fait six ans d'études, on est absolument sûrs de nos gestes", affirme-t-elle dans le quotidien.

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John Sutton

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