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Grippe A : « un échec de santé publique »

La campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1 a été un "échec de santé publique", lié notamment à une "incompréhension" entre les autorités sanitaires et les professionnels de santé, constate le rapport de la commission d’enquête parlementaire, résumé par La Croix (page 8). Au final, cette campagne aura coûté 668,35 millions d’euros. La pandémie aura été un "formidable révélateur d’une crise de confiance" de la part des Français envers "les messages de prévention" et "la parole de l’Etat en période de crise sanitaire", souligne le rapport parlementaire, cité dans Le Monde de mercredi (page 13).

Le principal reproche adressé aux pouvoirs publics concerne la mise en place des centres de vaccination collectifs, qui "a alimenté le sentiment que les autorités sanitaires tournaient le dos aux professionnels de santé", en particulier aux généralistes, aux pharmaciens et aux infirmières, note La Croix. On peut même lire, dans Le Monde, qu’à cet égard "les professionnels de santé et la population demandent un changement des règles". Le rapport recommande ainsi, parmi 42 propositions, "la concertation en phase de préparation et de gestion de la crise sanitaire". Parmi ces propositions, Les Echos (page 3) ont également retenu la nécessité d’intégrer les médecins de famille à l’organisation régionale des soins en cas de campagne de vaccination pandémique. Le rapport suggère à cette fin d’entamer une concertation entre les agences régionales de santé (ARS) et les représentants des professionnels de santé.

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13% des Français doivent se limiter en matière de soins médicaux en raison de leur coût, contre seulement 3% il y a trente ans, selon une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), citée hier au journal de 13 heures de France 2. On rogne notamment sur les soins dentaires, l’optique… tout ce qui est mal remboursé par la Sécurité sociale, a poursuivi le reportage. Les catégories les plus modestes se restreignent trois fois plus souvent que les catégories aisées : en 2010, 18% des ménages disposant de moins de 900 € par mois sont touchés, contre 5% de ceux qui disposent de plus de 3 100 € par mois, précise le Crédoc.

De plus, "le sentiment que l’on est mieux soigné lorsqu’on a des relations et de l’argent s’est diffusé année après année". En particulier, "l’impression de vivre dans un système de soins à deux vitesses, qui était auparavant surtout perceptible chez les Parisiens, s’est progressivement répandue à l’ensemble du territoire", souligne le Crédoc, cité dans Les Echos (page 3). Entre 1980 et 2010, la proportion de personnes pensant que l’on est mieux soigné lorsqu’on est aisé est passée en milieu rural de 52% à 66%. Elle a peu bougé chez les Franciliens, où la proportion atteint 73% aujourd’hui, contre 76% au début des années quatre-vingt.

Pourtant, "ce n’est pas parce que l’on paiera plus cher qu’on sera mieux soigné", a précisé Dr Jean-Martin Cohen Solal, interviewé au journal de 13 heures de France 2. "La qualité n’est pas liée au coût de l’acte, a assuré le directeur général de la Mutualité Française. Au contraire, on peut être très bien soigné par un médecin en secteur 1, sans dépassement d’honoraires."

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)