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Grippe A : un centre de santé à l’heure de la vaccination

Le centre de santé de Strasbourg participe à la campagne nationale de vaccination contre la grippe A/H1N1. Depuis la fin novembre, cette structure mutualiste est l’un des vingt centres de vaccination du Bas-Rhin. Entre 80 et 130 patients y sont accueillis chaque jour.

"Vacciner les patients, mutualistes ou non, est une question de solidarité ! Nous avons souhaité nous inscrire dans une démarche de santé publique", explique Jean-Christophe Halter, ce jeudi, à l’ouverture des portes du centre de santé dont il est le directeur à Strasbourg (Bas-Rhin). Cette structure, gérée par la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN), s’est portée volontaire pour participer au dispositif national de vaccination contre la grippe A. Désignée comme "centre de vaccination minimal" par la préfecture, elle peut réaliser au maximum 130 injections par jour.

Depuis le 25 novembre et jusqu’au 10 février, elle a entièrement bouleversé son organisation quotidienne. Elle a en particulier réaménagé le rez-de-chaussée de ses locaux, habituellement occupé par le centre d’examens de santé du Bas-Rhin, pour accueillir le parcours de vaccination. Dans les étages supérieurs, les activités habituelles (médecine générale, radiologie-échographie, sevrage tabagique…) sont maintenues. "Face à cette question de santé publique, le centre de santé MGEN est parfaitement dans son rôle, assure Claude Mathern, président de la section MGEN du Bas-Rhin. En s’inscrivant dans le dispositif vaccinal, il fait la preuve de sa capacité d’adaptation."

Les professionnels du centre se sont adaptés

Ainsi, toute l’équipe du centre d’examens de santé est désormais affectée à la vaccination. Dès le mois d’octobre, plusieurs réunions ont été organisées avec le personnel pour préparer cette campagne. Soignants et administratifs ont accepté de s’investir dans l’organisation du dispositif. Tous ont adapté leurs jours de présence et leurs horaires de travail pour prendre en charge les patients, quitte, pour certains, à occuper des fonctions à l’opposé de leur tâche habituelle. C’est le cas de Gisèle Loth, chirurgienne-dentiste, aujourd’hui chargée d’accueil administratif, qui qualifie cette expérience "imprévisible" d’"enrichissante".

"Le point fort de notre structure, explique la chef de centre, Martine Hagag, c’est que notre équipe de vaccination est constituée de salariés habitués à travailler ensemble. Avec, comme avantage, le fait qu’ils restent dans les locaux qu’ils connaissent." Résultat : une "plus grande cohésion de l’équipe" et "des liens renforcés entre médecins et infirmières", comme le relève Marie-Pierre Caneva-Pellicioli, médecin généraliste et tabacologue au centre de santé. Certaines idées d’organisation émanent d’ailleurs des membres du personnel eux-mêmes, comme la mise en place d’un distributeur de tickets numérotés permettant de recevoir les patients dans l’ordre d’arrivée.

Un parcours bien rodé

Ce matin-là, une demi-heure avant l’ouverture des portes au public, Martine Hagag retire les flacons de vaccins stockés dans un réfrigérateur. Deux infirmières s’attellent alors à la préparation des doses. L’une d’elles, Edith Sanchez, prépare plusieurs seringues à partir de ces flacons contenant chacun l’équivalent de dix injections. Munie de gants, elle dispose dans deux récipients distincts les doses de Pandemrix®, le vaccin destiné aux adultes, et de Panenza®, le produit sans adjuvant, réservé aux enfants ou aux personnes souffrant de certaines pathologies.

A l’arrivée des premiers patients, chacun est à son poste. Une douzaine de personnes, soignants et administratifs, composent une équipe de vaccination. En cas de forte affluence, des infirmières ou des secrétaires médicales venant d’autres structures peuvent être appelées en renfort.

Le parcours est bien encadré : dès l’accueil, les patients sont informés sur le vaccin, certaines inquiétudes sont apaisées et chacun se voit expliquer le déroulé de l’opération. Il faut tout d’abord remplir un questionnaire portant sur ses antécédents médicaux, ses éventuelles allergies, les vaccinations déjà effectuées, notamment celle contre la grippe saisonnière. Trois semaines d’écart sont à respecter entre ces deux injections. En cas d’hésitation, le personnel d’accueil est là. "J’ai eu besoin d’un coup de main de leur part pour remplir mon questionnaire médical", avoue Francis Schann, 79 ans, qui attend son tour.

Le médecin décide du vaccin à injecter

Deuxième étape : l’entretien avec un médecin, qui reprend le contenu du questionnaire, demande des précisions si nécessaire et répond aux interrogations. "De nombreux patients me posent des questions sur les adjuvants ou les effets secondaires du produit", témoigne Marie-Pierre Caneva-Pellicioli. C’est également au médecin qu’il revient de décider quel vaccin sera le plus adapté pour chaque patient. Ce dernier est alors orienté vers l’espace de vaccination, où est pratiquée l’injection.

Après cette étape, le personnel d’accueil prend à nouveau le relais, cette fois pour organiser la sortie administrative : le patient repart muni d’un certificat vaccination sur lequel figurent notamment le nom du produit administré et son numéro de lot. Ce 17 décembre, une soixantaine de personnes ont été vaccinées dans cette structure mutualiste. Une journée de faible affluence pour un centre qui accueille quotidiennement de 80 à 130 personnes.

Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)