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Grippe A : la campagne de vaccination est lancée

"Grippe A : début de la vaccination dans un climat de méfiance", titre Le Figaro à la "une". Le vaccin sera proposé à partir d'aujourd'hui aux personnels hospitaliers des services de réanimation, néonatologie, maternité et pédiatrie. En dehors des hôpitaux, les vaccinations seront réalisées, à partir du 5 novembre, dans les 1.080 centres choisis par le gouvernement, selon l'ordre de priorité établi par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), précise Le Figaro (page 11). L'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a déjà reçu 30.000 doses. Les vaccinations seront pratiquées dans le cadre de la médecine du travail ou lors de séances organisées sur le lieu de travail, indique l'AP-HP. Certains établissements disposeront en plus d'équipes mobiles.

D'autres établissements ont procédé différemment. A l'hôpital de Montauban, les soignants ont été invités, depuis plusieurs semaines, à faire connaître leurs intentions concernant la vaccination. Reste à savoir quel sera le choix final des personnels de santé, souligne Le Figaro. Depuis cet été, plusieurs enquêtes ont montré les réticences exprimées par les soignants. "Personnellement, j'ai plus de 50 ans et un risque modéré, mais je me ferai vacciner, car je suis au contact de malades de réanimation et j'effectue des gestes qui m'exposent", témoigne Bertrand Guidet, réanimateur à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Lionel Cailhol, psychiatre aux urgences de l'hôpital de Montauban, avance deux arguments en faveur de la vaccination : "Ne pas diffuser le virus à des patients fragiles et ne pas le ramener à la maison." Mais il se montre surpris par le nombre de collègues réticents, voire hostiles. "Je ne me fais pas vacciner contre la grippe saisonnière. Je ne le ferai sans doute pas non plus contre la grippe A", déclare au contraire un cadre hospitalier du sud de la France. "Ce qui pose question, c'est que ce vaccin a un peu été préparé dans l'urgence, estime-t-il. Il n'y a pas vraiment de recul. (...) Même certains scientifiques sont réticents."

En attendant l'épidémie, l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) est sur le pied de guerre, souligne un reportage du Monde (page 3). Bras armé du ministère de la Santé, l'Eprus est chargé de centraliser le stockage des 94 millions de doses de vaccin et du milliard de masques chirurgicaux et d'approvisionner les centres de vaccination. Une répartition des tâches que Le Monde résume en une formule : "Les épidémiologistes veillent, la Direction générale de la santé décide, l'Eprus exécute."

Chez nos voisins belges, la vaccination contre la grippe A est vivement critiquée par un mouvement baptisé "Initiative citoyenne", qui évoque notamment le danger d'un adjuvant au vaccin (le squalène) choisi par les autorités sanitaires. Le Parlement belge a finalement décidé que la vaccination, qui devait débuter le 19 octobre, ne serait pas obligatoire. Des craintes similaires ont été exprimées ces derniers jours à New-York, où les personnels de santé de la ville ont lancé une action en justice contre le caractère obligatoire de la vaccination.

A lire aussi dans la presse - Automédication : les Français réticents

La France est l'un des pays de l'OCDE où les dépenses de médicaments sont parmi les plus élevées. Pourtant, un Français dépense chaque année 27 euros pour se soigner seul, contre 40 euros pour un Anglais ou un Italien, et plus de 60 euros pour un Allemand, selon Vincent Cottard, président de l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa). Le ministère de la Santé verrait d'un bon oeil les Français dépenser plus en automédication, ce qui allégerait le déficit de la "Sécu", souligne Le Monde (page 26). "L'automédication suscite plus de questions du côté des associations de patients que d'enthousiasme", observe Sylvain Fernandez-Curiel, chargé de mission au Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). La transparence sur les prix laisse parfois à désirer, et les effets indésirables ne sont pas à exclure. "Certes, tout médicament peut avoir des effets secondaires, mais plus d'un an après le libre accès, nous n'avons eu aucun signalement de risques, aucun effet indésirable grave", rassure Fabienne Bartoli, adjointe au directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

John Sutton