Grève : mobilisation réussie

Avec 200.000 manifestants pour 130 cortèges, la mobilisation nationale contre les régimes spéciaux de retraite fait figure, pour Les Echos (pages 1 à 3), d'événement "historique". En effet, selon les comptes du journal économique, avec 73,5% de grévistes à la SNCF, 58% à la RATP et 45% chez EDF-GDF, le pays a connu une paralysie surpassant "les scores des précédents conflits, contre la réforme des régimes spéciaux en 1995 et contre celle du régime des fonctionnaires en 2003".

Une telle démonstration était d'ailleurs attendue par l'exécutif, même si, relève Le Parisien/Aujourd'hui (pages 4 et 5), "Nicolas Sarkozy ne s'est pas prononcé sur le sujet". En revanche, son Premier ministre devrait le faire aujourd'hui, annonce ce quotidien, certainement pour souligner sa détermination à réussir cette réforme. Comme le fait remarquer La Tribune (pages 30 et 31), il n'est en effet pas question pour le gouvernement, au nom du principe d'"équité", de "céder sur l'augmentation de cotisation qui passera de 37,5 annuités actuellement à 40 en 2012". A la rigueur, le gouvernement pourrait envisager d'"amender certaines dispositions", mais encore faut-il pour cela trouver des solutions, comme l'a déclaré hier sur TF1 le ministre du Travail. Comme le rapporte Le Parisien/Aujourd'hui, même si Xavier Bertrand a confirmé qu'"on ne peut pas se passer de cette réforme", il prévoit malgré tout de rencontrer les organisations syndicales la semaine prochaine, car "on a plus à gagner dans la négociation que dans le conflit".

Cette rencontre, les syndicats l'acceptent, indique Libération. Mais tous attendent des propositions. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, espère ainsi que "Xavier Bertrand aura quelque chose à annoncer, notamment sur le passage à 40 années de cotisation qui passe mal auprès des salariés". De son côté, Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, avertit dans Le Parisien/Aujourd'hui que "s'il faut s'asseoir à une table pour négocier des reculs sociaux, ce sera sans moi". D'ailleurs, promet-il, "si le gouvernement reste sur une position intransigeante, nous envisagerons des suites".

Libération évoque un "changement de climat". En effet, "le pouvoir vient de passer des réformes gratifiantes (l'héritage, les heures 'sup', le bouclier fiscal) aux réformes pénalisantes (les régimes spéciaux, la franchise sur les médicaments, la traque des immigrés). Les premières bénéficiaient principalement aux couches aisées de la population ; les secondes frappent d'abord les couches populaires".

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Le 77e congrès de l'Assemblée des départements de France, qui s'est tenu hier à Marseille, s'est offusqué des intentions formulées par la commission Attali sur le retour de la croissance. Cette commission qui étudie une réforme possible des collectivités locales suggère en effet "la piste de la suppression des départements au motif qu'il y aurait trop d'échelons administratifs en France", rapporte La Tribune (page 31). La suppression d'un échelon d'administration territoriale permettrait de "libérer la croissance", explique Le Figaro (page 35).

Evidemment, tous les élus présents lors de ce congrès ont tenu à rappeler le rôle incontournable des départements dans bien des secteurs. Comme ils le rappellent dans La Tribune, ces collectivités locales ont un rôle fondamental "en matière d'action sociale". En effet, "plus de la moitié de leurs budgets de fonctionnement (soit près de 30 milliards d'euros) est dévolue à la solidarité nationale : insertion (RMI), protection de l'enfance, maison du handicap, dépendance, etc.". D'ailleurs, ces quatre dernières années, "7,5 milliards d'euros de compétences ont été transférés aux départements", poursuit le quotidien économique, en soulignant que 100.000 nouveaux fonctionnaires ont dû être accueillis.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, venue clôturer cette réunion des 102 départements de France, s'est en tout cas posée en "défenseur de cette institution", ajoute Le Figaro (page 35).

Frédéric Lavignette

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