Grève des transports : semaine décisive

"C'est où la sortie ?", interroge Le Parisien/Aujourd'hui en "une". Ce quotidien prévoit "une semaine à hauts risques pour le gouvernement" et, éventuellement, le bout du tunnel mercredi avec l'ouverture de négociations à la SNCF. Une sortie de crise semblait se dessiner hier soir dans cette entreprise et à la RATP, le gouvernement et les syndicats ayant fait des concessions pour faciliter l'ouverture de négociations.

A la SNCF, six fédérations de cheminots ont accepté de participer aux négociations proposées par l'entreprise sur la réforme des régimes spéciaux de retraite (calendrier, méthode de travail, thèmes de la négociation), tout en appelant hier soir à reconduire la grève pour 24 heures. A la RATP, trois syndicats (CGT, Unsa et FO), sur les quatre soutenant la grève, ont annoncé qu'ils participeraient à des négociations avec leur direction et l'Etat. Le gouvernement conditionne désormais sa présence aux tables rondes à une reprise du trafic, et non plus à un appel à la reprise du travail.

"Grève des transports : la semaine décisive", titre la "une" du Figaro. Ce journal note que le nombre de grévistes est "en baisse" et annonce que le président de la République pourrait intervenir en milieu de semaine, pour "remettre en perspective le choix de société qu'il a fait". "Pourquoi ça piétine", titre Libération. Dans son éditorial (page 2), ce quotidien estime que le chef de l'Etat a "surtout fait semblant de jouer la carte de la négociation. Et préféré, tel Machiavel, diviser en coulisses pour mieux réduire l'influence des syndicats".

Autre mouvement de protestation : celui des fonctionnaires. Ces derniers demandent l'ouverture de négociations salariales et s'opposent aux réductions d'effectifs. Des préavis de grève pour demain ont été déposés à l'Education nationale, aux impôts, aux douanes, à La Poste, à France Télécom et à Air-France. Dans les hôpitaux, plusieurs syndicats se sont joints au mouvement pour, entre autres, le paiement des heures supplémentaires accumulées et pour dénoncer la dégradation des conditions de travail. En l'absence de réponse gouvernementale, les organisations syndicales ont prévenu de se réunir dès mercredi, pour "envisager les suites" à donner à cette journée de grève.

A lire aussi – Décret antitabac : pas de dérogation

Le décret prévoyant l'interdiction de fumer dans les restaurants, bars-tabacs, cafés, s'appliquera "sans retard, sans dérogation, sans délai, parce qu'il est attendu par les Français depuis bien longtemps", a affirmé hier Xavier Bertrand, ministre du Travail, dans l'émission Le Grand Rendez-vous, sur Europe 1. A quelques semaines de l'interdiction totale de fumer, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2008, les buralistes tentent d'obtenir des aménagements et préparent un baroud d'honneur mercredi avec une manifestation nationale, souligne Le Journal du dimanche (page 6).

"C'est un combat entre la protection de la santé pour tous et l'argent sale de l'industrie du tabac !", résume dans Le Journal du dimanche, le Pr Albert Hirsch, vice-président de la Ligue nationale contre le cancer. Cet expert dénonce pêle-mêle les buralistes "dont le chiffre d'affaires n'a jamais été aussi haut" et "ces députés perdus dans un combat d'arrière-garde".

Libération (page 17) s'est rendu à Nantes, à la rencontre de médecins-tabacologues qui interviennent dans les cafés pour aider les fumeurs à arrêter avant le 1er janvier. Ces "rencontres no tabac" vont se poursuivre dans toutes les grandes villes de France. Elles sont financées par un fabriquant de substituts nicotiniques avec le concours du Comité contre les maladies respiratoires (CMR).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)