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Greffe du rein : des inégalités selon les patients ?

Les patients atteints de maladies rénales les moins diplômés ont moins facilement accès à la greffe de rein, alors qu'il s'agit du traitement le plus efficace et le moins cher pour l'assurance maladie. C'est la conclusion inquiétante d'une étude réalisée par l'association de malades Renaloo publiée dans la revue Population, de l'Institut nationale d'études démographiques (Ined), indique La Croix.

La greffe améliore également l'espérance et la qualité de vie par rapport à la dialyse, souligne l'association. Elle favorise aussi davantage le maintien d'une activité professionnelle que la dialyse (3 séances par semaine), quel que soit le niveau de diplôme.

En se basant sur deux enquêtes réalisées auprès de 10.000 patients en 2011 et 2012, Renaloo et Christian Baudelot, sociologue à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Paris, constatent que les malades les moins favorisés et les moins diplômés sont plus souvent soignés par dialyse, tandis que les plus instruits bénéficient davantage de greffes.

Comment expliquer cette disparité ? Pour les auteurs de l'étude, "un rein à greffer étant une denrée rare, il vaut mieux le réserver aux "bons" patients, ceux qui ont une meilleure connaissance des enjeux de la greffe et vont maximiser les chances de réussite de la transplantation", indique La Croix. Une hypothèse réfutée par le Pr Christian Combe, président de la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT). "Nous ne faisons aucune distinction sociale au moment d'inscrire un patient sur une liste d'attente", s'insurge-t-il.

D'autres raisons peuvent également expliquer le choix ou le non choix d'une greffe. Exemple avec la greffe du foie. Comme le note La Croix, celle-ci est "moins souvent proposée aux patients souffrant d'une cirrhose alcoolique, alors que le pronostic médical est souvent le même". "On peut greffer un patient avec une cirrhose, mais il n'est pas souhaitable de greffer un patient qui continue à boire, car dans ce cas, il va détruire ce nouveau foie et la transplantation sera un échec", indique le Dr Serge Duperret, anesthésiste-réanimateur à l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon. C'est la raison pour laquelle les médecins exigent du candidat à la greffe du foie qu'il soit abstinent depuis six mois.

Dans cet exemple, deux logiques peuvent s'opposer, relève Serge Duperret. "La première est celle du médecin, qui souhaite que la greffe profite au patient le plus atteint. La seconde peut venir de la société désireuse que le greffon aille au patient offrant le plus de garanties de réussite de la transplantation. Ce qui peut conduire à l'exclusion des plus âgés ou vulnérables, au profit des plus socialement "méritants"", résume La Croix.

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John Sutton

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