Gouvernement de Manuel Valls : une équipe inchangée

Peu d'enthousiasme dans la presse ce matin pour commenter la composition du second gouvernement de la présidence de François Hollande. Avec ses 16 ministres, dont deux seuls nouveaux entrants (Ségolène Royal et François Rebsamen), le gouvernement de Manuel Valls est plutôt perçu comme un "changement a minima", pour re­prendre l'expression de La Croix en "une" (pages 1 à 5).

L'ancien ministre de l'Intérieur, désormais remplacé place Beauvau par Bernard Cazeneuve, lance une "nouvelle phase avec les mêmes", écrit à son tour Le Figaro (pages 1 à 7). Même tonalité dans Libération (pages 1 à 9), qui voit dans la nouvelle formation de l'exécutif un gouvernement "Ayrault bis", autrement dit une "copie presque conforme du précédent et à la ligne inchangée", écrit Eric Decouty. Pour L'Humanité (pages 1 à 5), il ne fait aucun doute que les nouveaux ministres resteront "repliés sur l'austé­rité" et qu'il sera difficile de "distinguer l'essentiel de l'accessoire, la pichenette donnée aux ménages modestes des gages donnés à la Commission européenne".

Même s'il s'attarde surtout sur "les secrets du retour de Ségolène Royal" en politique, Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 5) observe que le "jeu de chaises musicales" s'est déroulé "parfois en dépit de toute logique", allant "parfois jusqu'à l'absurde" puisque "des ministres en difficulté sur leur dossier se voient confirmés dans leurs postes", écrit Matthieu Croissandeau.

Pour Les Echos (pages 1 à 6), le président de la République a préféré jouer "la carte de l'expérience au détriment du changement et de la surprise". Selon certains de ses proches, sa priorité est "de mettre un terme aux accusations d'amateurisme qui ont émaillé la première partie du quinquennat". De surcroît, le chef de l'Etat "n'aime pas le changement", souligne l'un d'eux. Pourtant, un changement majeur vient de se produire à Bercy, avec la reconfiguration du ministère en "deux grands pôles séparés : l'Economie et les Fi­nances", respectivement détenus par Arnaud Montebourg et Michel Sapin. Inspirée du modèle allemand, cette "séparation inédite" vise à simplifier le fonctionnement de ce grand ministère et le rendre plus lisible, écrivent Les Echos.

Hôpital gratuit pour tous ?
Le Conseil d'analyse économique (CAE) a publié mardi un rapport dont les propositions sont "détonnantes", écrit Le Figaro (page 22). Cosigné par les économistes Brigitte Dormont (université Paris-Dauphine), Pierre-Yves Geoffard (Ecole d'économie de Toulouse) et Jean Tirole (Ecole d'économie de Toulouse), il propose, pour réduire le coût des soins, une couverture "à 100 %" pour les soins hospitaliers et une réduction de 18 à 8 euros de la franchise restant à la charge des patients. De la sorte, l'actuel ticket modérateur qui représente 20 % des frais d'hospitalisation serait supprimé, occasionnant un coût global de 2 milliards d'euros.

"Côté soins de ville, en revanche, payer de sa poche incite le patient à moins consulter", ajoute Le Figaro. Par conséquent les auteurs suggèrent de "maintenir un système dissuasif tout en réduisant le reste à charge". Pour cela ils proposent la création d'une "superfranchise annuelle, plafonnée et qui dépendrait des revenus". Initiative qui remettrait en cause "l'universalité de la prise en charge des soins, quel que soit le niveau de vie du patient", analyse le quotidien.

Frédéric Lavignette

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