croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Campagne sur les médicaments génériques : lever les doutes

Une campagne nationale d'information sur les génériques a été lancée hier afin de combattre les réticences qui subsistent chez une partie des médecins et de la population à l'égard de ces médicaments qui ont permis 7 milliards d'euros d'économies à l'assurance maladie.

"Nous sommes en progrès, mais nous restons derrière nos voisins européens", a constaté hier la ministre de la Santé. Un retard qui s'explique, selon elle, par le fait qu'encore "trop de Français et de professionnels de santé continuent de s'interroger sur les médicaments génériques", comme le montre un sondage de l'institut BVA dans Le Figaro.

En effet, si huit Français sur dix y ont recours, leur confiance dans les génériques n'est pas totale. Le grand public accorde à ces médicaments une note moyenne de 6,8/10. Quant aux médecins, "ils ne lui attribuent que 6,6/10, tout en n'hésitant pas, curieusement, à s'en servir pour eux-mêmes. Seuls les pharmaciens (qui sont largement rémunérés sur les ventes de génériques) y sont très favorables, avec plus de 90% d'avis positifs", note Le Figaro.

Selon Nicolas Revel, directeur général de l'assurance maladie, 33% des médicaments remboursés en France étaient des génériques en 2013, contre 48% au Royaume-Uni, 51% en Allemagne et 63% aux Pays-Bas. Le gouvernement s'est engagé à faire passer la part des génériques (44% en 2015) à 50% de l'ensemble des médicaments prescrits. "Pour atteindre cet objectif, il faut qu'il y ait plus de génériques sur le marché, que les médecins en prescrivent plus et que les patients aient confiance", a déclaré Marisol Touraine.

La moitié des Français pense que les génériques ne sont pas contrôlés de la même façon que les médicaments de marque et ils sont autant à penser que les excipients – les substances qui entourent le principe actif – ont un impact sur leur efficacité. Du côté des médecins, c'est pire, observe le site du Figaro. Un tiers d'entre eux estime que les contrôles ne sont pas équivalents à ceux des médicaments princeps. Cette crainte est infondée, assure Dominique Martin, directeur général de l'Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM), qui peut suspendre l'autorisation d'un médicament à la suite d'une inspection.

Marisol Touraine rappelle que le générique est "un pilier essentiel pour garantir la pérennité de notre système de santé". Le recours à ces médicaments a déjà permis de réaliser 7 milliards d'euros d'économies en l'espace de cinq ans et devrait permettre, selon elle, de faire 300 à 350 millions d'euros d'économies supplémentaires au cours des trois prochaines années.

A lire aussi

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)