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Généralisation du tiers payant : un dossier sensible

"Des premières décisions seront annoncées dès le printemps pour permettre une mise en place effective et rapide du tiers payant pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé", a indiqué hier la ministre de la Santé, dans un communiqué publié à l'occasion de l'installation du comité d'orientation pour la généralisation du tiers payant. "Les bases sur lesquelles le tiers payant sera ensuite généralisé à tous les assurés seront définies cet été", précise le ministère.

La concertation entre l'assurance maladie, les complémentaires santé et les syndicats de médecins commence à peine, que le dossier "semble déjà miné, techniquement comme politiquement", estime Le Monde (page 9), qui énu­mère les nombreuses questions qui se posent. Les médecins seront-ils payés par un seul organisme, comme ils le demandent, ou par deux : la Sécurité sociale et les complémentaires santé ? Comment le praticien arrivera-t-il à se faire payer si le patient n'est pas couvert ? Comment sera perçue la franchise d‘un euro par consultation ?

En janvier dernier, 69 % des médecins estimaient que la généralisation du tiers payant serait "plutôt une mauvaise chose", selon un sondage publié dans Le Quotidien du médecin. Tous les syndicats de médecins libéraux sont opposés à la réforme, qu'ils qualifient d'"usine à gaz de plus", rapporte La Croix (page 10). La CSMF promet "une guerre de tranchées de quinze ans". MG-France, favorable au tiers payant, estime toutefois que "les généralistes ne disposent ni du temps nécessaire pour vérifier les droits, ni du personnel pour pointer les tiers payant, ni des moyens permettant de financer une infrastructure de recouvrement" (Le Figaro-économie page 17).

Mais, comme le souligne le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dans Le Monde (page 9), "les oppositions cachent des motivations moins nobles que les problèmes techniques avancés : le tiers payant est un véritable révélateur des dépassements d'honoraires".

De son côté, l'Inspection générale des affaires sociales, auteure d'un rapport sur le sujet, appelle de ses vœux la généralisation et souligne que les pays qui l'ont appliqué n'ont pas de dépenses de santé plus élevées. L'Igas préconise néanmoins la mise en place d'un dispositif permettant à l'assuré social de "connaître les frais de soins de ville qu'il suscite", notent La Croix et Le Monde.

 

Les sages-femmes s'impatientent

Le collectif d'organisations à l'origine de la grève des sages-femmes appelle à manifester aujourd'hui à Paris, pour la troisième fois depuis octobre, indiquent Les Echos (page 5). Au même moment, se tiendra la réunion du groupe de travail sur le statut des sages-femmes à l'hôpital, mis en place par Marisol Touraine et animé par Edouard Couty, magistrat honoraire de la Cour des comptes et ancien directeur des hôpitaux. Les participants espèrent qu'il s'agira de la dernière réunion sur ce dossier, qui a provoqué beaucoup de tensions ces dernières semaines.

Le collectif à l'origine de la grève demande notamment que les sages-femmes exerçant à l'hôpital puissent sortir de la Fonction publique et obtenir un statut sur le modèle des médecins (praticiens hospitaliers). De leur côté, les syndicats de fonctionnaires, réunis en intersyndicale, sont hostiles à ce changement de statut. "Ces deux options sont en discussion", a assuré, hier à l'Assemblée, la ministre de la Santé. Marisol Touraine doit recevoir les conclusions du groupe de travail sur le statut des sages femmes "dans quelques jours", et prendra ensuite des décisions, précisent Les Echos.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)