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Généralisation du tiers payant : nouvel appel des médecins à la grève

Les généralistes sont invités à fermer leur cabinet aujourd'hui, à l'appel de leur principal syndicat, MG France, afin de maintenir la pression sur la ministre de la Santé, annonce Le Figaro (page 11). Les syndicats de médecins libéraux veulent ainsi infléchir le projet du gouvernement notamment sur la généralisation du tiers payant, le pouvoir des agences régionales de santé (ARS) et le tarif de la consultation. "Il n'y a pas eu d'avancée (...) depuis qu'on a commencé ce mouvement de mobilisation en fin d'année dernière, souligne Jacques Battistoni, secrétaire général de MG France. Ce serait irresponsable de cesser la pression, alors qu'on n'a rien obtenu concrètement."

Pour renouer le dialogue avec les professionnels de santé, Marisol Touraine a lancé le mois dernier des groupes de travail visant à reprendre les points litigieux de son projet de loi. "Le timing est trop serré", estime Jacques Battistoni. Un point d'étape sur l'avancée des discussions est attendu pour la mi-février, tandis que le texte devrait être examiné en avril au Parlement, précise Le Parisien/Aujourd'hui (page 7).

Autre pierre d'achoppement pour les généralistes : l'absence de revalorisation tarifaire depuis 2011. Ils réclament une consultation à 25 euros, contre 23 euros actuellement. Mais la Cnam et le gouvernement excluent toute négociation sur le sujet avant la tenue des élections professionnelles, à la fin de l'année. De son côté, la CSMF a menacé hier de quitter les groupes de travail en l'absence de "réponses claires et acceptables, dans les huit jours", notamment sur le tiers payant.

Après la rencontre vendredi dernier entre les syndicats et le cabinet de la ministre de la Santé, le gouvernement a proposé d'élargir le bénéfice du tiers payant à deux nouvelles catégories de patients : les étudiants et les malades en affection de longue durée (ALD). "La généralisation du tiers payant ne serait-elle plus d'actualité ? Officiellement, elle l'est toujours, mais pour l'heure rien n'est gravé dans le marbre", estime Daniel Rosenweg, dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 7). Comme le rappelle également le quotidien, la Mutualité Française a assuré que "les complémentaires santé seraient prêtes dès 2017 pour la mise en place de ce fameux tiers payant qui fait tant débat".

Le don du sang doit rester gratuit

Faut-il "rémunérer le don du sang en France ?", interroge Le Figaro (page 11). "Il n'y a aucune raison pour que cela change, répond catégoriquement Olivier Véran, député socialiste de l'Isère, auteur d'un rapport sur la filière française du sang. Si c'était le cas, je me mobiliserais aussitôt." Olivier Véran signe également une tribune dans Les Echos (page 11), intitulée "La santé en Europe, cet impensé politique".

D'où vient alors la rumeur d'une modification de l'un des piliers du don, qui est sa gratuité ? La crainte est née de la perte, le 1er février, du monopole de l'Etablissement français du sang (EFS) sur un certain type de plasma, le plasma thérapeutique, dit SD. "Le don éthique est garanti", avait assuré la ministre de la Santé, fin janvier. L'EFS "voit ses missions transformées et en même temps, nous apportons des garanties sur la manière de traiter ces sujets-là", ajoutait Marisol Touraine.

Au niveau international, l'OMS veut bannir la rémunération des dons d'ici à 2020. "Les donneurs de sang bénévoles sont la source la plus sûre. Ils donnent de leur propre chef, sans pression, sans coercition ni paiement et sont donc moins enclins à taire des informations sur leur état de santé et leur comportement, qui imposeraient de les exclure du don du sang", estime Carissa Etienne, sous-directeur général pour les systèmes de santé de l'OMS.

Donner le statut de médicament à un produit issu du sang n'est pas accepté par tous. "Le don du sang n'est pas anodin. C'est un acte volontaire, anonyme, gratuit, qui signifie que l'on est présent à l'autre. Une chaîne de solidarité dans laquelle on s'inscrit", estime, dans Le Figaro (page 11), le Pr Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'université de Paris Sud. "Entrer dans une logique commerciale au détriment de la gratuité du don ferait perdre une partie de sa signification au geste", ajoute-t-il.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)