Généralisation de la complémentaire : pour un « dispositif universel, simple et juste »

A moins de trois mois de l’échéance fatidique du 1er janvier 2016, date à laquelle les entreprises devront avoir mis en place une complémentaire santé pour tous leurs salariés, certaines d’entre elles commencent juste à se pencher sur la question, constate l’hebdomadaire Challenges. Toutefois, comme l’indique Etienne Caniard, une enquête effectuée par la Mutualité Française montre que "71% des TPE sont déjà équipées" et que "les entreprises veulent conserver une marge pour choisir et négocier autour de ces questions".

La loi de généralisation de la complémentaire santé a fixé un "panier de soins", qui représente le contenu minimal des garanties des contrats collectifs. N’y a-t-il pas une crainte que les garanties soient ainsi "tirées vers le bas", interroge Challenges. "Je suis attentif à ne pas raisonner sur le prix de la prestation, mais sur le reste à charge, d’une part, et sur les services, d’autre part", rétorque le président de la Mutualité Française. "Des prestations élevées peuvent entretenir des prix élevés, par exemple en optique. Je constate que le gouvernement est obnubilé par cette question des prix et qu’il cherche à obtenir un alignement des prestations des acteurs à travers un cahier des charges qui ne cesse de grossir : socle minimum ANI, contrat responsable, complémentaire pour les retraités, etc."

Interrogé sur la création annoncée récemment par le gouvernement d’un chèque santé pour les salariés multi-employeurs, Etienne Caniard considère que cette mesure "témoigne de la volonté des pouvoirs publics de s’intéresser aux exclus de l’ANI. Néanmoins, la mise en place de la réforme est déjà assez complexe et on rajoute trois dispositifs : contrats courts, loi Evin, retraités. Cela rend l’ensemble illisible et sera source de nouvelles exclusions".

"Au-delà de l’ANI, l’enjeu d’une véritable réforme serait de généraliser l’accès à la complémentaire santé, via un dispositif universel, simple et juste, qui s’adresserait à tout un chacun en fonction de ses revenus et indépendamment de son statut", conclut le président de la Mutualité Française.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)