François Hollande : lutter contre les déserts médicaux

François Hollande, candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle 2012.

Financement

Pour le candidat socialiste, "l’avenir de la Sécurité sociale ne se satisfera pas de simples mesures d’économie conjoncturelles". François Hollande propose donc de renforcer le financement de la protection sociale à la faveur d’une grande réforme fiscale. Elle devra permettre "la fusion, à terme, de l’impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG) dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR)".

"Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de Sécurité sociale", indique le programme en 60 mesures de François Hollande, qui précise que l’assiette sera élargie à l’ensemble des revenus : "Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail."

Organisation des soins

Le candidat socialiste propose de lutter contre les déserts médicaux afin d’assurer un égal accès aux soins sur l’ensemble du territoire. Symbole de cette répartition rééquilibrée : chaque concitoyen devra trouver un service d’urgence à moins d’une demi-heure de trajet de chez lui. Un objectif qui pourrait se concrétiser grâce à "la création de pôles de santé de proximité dans chaque territoire".

Pour faire face au manque de médecins, François Hollande estime nécessaire de revaloriser la médecine générale en créant un environnement propice à l’installation en cabinet dès le début des études de médecine, par exemple par le biais de stages. Le candidat socialiste se refuse toutefois à une politique de contrainte envers les professionnels de santé, qui serait, d’après lui, "contournée" et "vouée à l’échec".

L’accès aux soins pourrait être renforcé par la généralisation du tiers payant pour les soins de ville en secteur 1, une mesure qui vise à la fois à limiter les renoncements aux soins et à désengorger les services d’urgence.

Régulation

Le régime obligatoire reste pour François Hollande "le socle incontournable de notre protection sociale". Son objectif est donc de le renforcer, tout en ouvrant le débat sur le rôle des organismes complémentaires, dont les contrats sont, selon lui, "trop divers et insuffisamment encadrés". Dans une interview publiée le 2 avril dans l’hebdomadaire Femme actuelle, le candidat socialiste déclare vouloir "revenir" sur la taxe sur les conventions d’assurance (TSCA) qui pèse sur les contrats "solidaires et responsables" des complémentaires santé.

Pour le député de Corrèze, la régulation du système de santé passe notamment par l’encadrement des dépassements d’honoraires, par spécialité et par région, de sorte de "sécuriser l’accès aux soins de tous les Français". Il prévoit également une réforme de la tarification des soins hospitaliers, "pour mettre fin à l’assimilation de l’hôpital avec les établissements privés". Concrètement, il s’agit de revenir sur le principe de convergence tarifaire entre le public et le privé.