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Franchises médicales : « Une mesure de rapiéçage »

Les franchises médicales, auxquelles une majorité de Français se déclarent opposés, continuent de faire des vagues. En attendant leur mise en place prévue en 2008, le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie devrait rendre un avis, aujourd’hui ou demain, demandant des mesures de redressement, dans un délai d’un mois, croit savoir La Tribune (page 30). Selon Libération (page 15), dans un premier temps, le gouvernement et l’assurance maladie pourraient diminuer le remboursement des patients qui ne respectent pas le parcours de soins. La ministre de la Santé a évoqué la nécessité de mieux surveiller la délivrance des arrêts maladie et/ou de relancer la consommation des médicaments génériques, indique La Croix (page 11). En revanche, Roselyne Bachelot a écarté tout déremboursement de médicaments.

Interrogé longuement ce matin sur BFM radio, le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant a estimé que "la franchise est une mesure de rapiéçage, qui ne va pas changer fondamentalement la gestion du système de santé". Les franchises font grincer des dents jusque dans les rangs du gouvernement. Outre Bernard Kouchner, le nouveau ministre des Affaires étrangères, qui lors de la campagne présidentielle l’avait qualifiée de "très mauvaise" et d’"hypocrite", Martin Hirsch, le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, a exprimé des réticences après sa nomination. Il s’est dit ensuite "rassuré" par les exonérations prévues pour les personnes démunies, rappelle L’Humanité (page 7).

"La franchise doit être envisagée comme un élément indispensable de responsabilisation des malades et pas comme une mesure au fil de l’eau, de comblement des déficits de la Sécurité sociale", avait expliqué dimanche la ministre de la Santé, précisant qu’une partie des financements dégagés "serait dédiée, dans une stratégie du donnant-donnant, à un meilleur financement des soins dentaires et optiques", rappelle La Croix (page 11). Béatrice Taupin, du Figaro-économie (page 21), relève dans les déclarations de Roselyne Bachelot, "une lecture un peu différente de Nicolas Sarkozy", qui envisageait, lui, que le montant des franchises varie en fonction du déficit de l’assurance maladie.

La franchise peut-elle responsabiliser les malades, a demandé ce matin BFM radio au président de la Mutualité française. "Le ticket modérateur devait jouer ce rôle, on voit ce que cela a donné", a ironisé Jean-Pierre Davant. Un sentiment partagé par Jean de Kervasdoué, économiste de la santé, dans une interview donnée à 20 minutes (page 2).

La question de l’accès aux soins se pose également. "Le gouvernement explique, à juste titre, que les franchises ne doivent pas pénaliser les personnes défavorisées. Mais, il va demander essentiellement aux classes moyennes de les payer, alors qu’elles sont déjà les plus sollicitées par les prélèvements obligatoires", a analysé Jean-Pierre Davant sur BFM radio.

Pour le président de la Mutualité française, "il y a un danger de tuer la solidarité nationale si l’on persiste dans cette voie". Les mutuelles vont-elles rembourser les franchises ? "Avant toute chose, il convient de savoir quelles sont les intentions précises du gouvernement, notamment de savoir si elles seront remboursables ou non. Pour l’instant, ce n’est pas clair. Nous attendons de rencontrer la ministre de la Santé et le Premier ministre", déclare Jean-Pierre Davant. Plus largement, "il faut s’efforcer de mieux réguler les dépenses de santé", poursuit-il. "La question est posée de savoir si l’augmentation très importante des dépenses s’accompagne véritablement d’une satisfaction des besoins médicaux. Je n’en suis pas sûr et tout cela ne produit pas de la bonne médecine", conclut le président de la Mutualité française.