Franchise médicale : un dossier chaud sur le bureau du gouvernement

D'après La Tribune, la franchise médicale pourrait être mise en œuvre rapidement. Comme l'indique ce quotidien économique (page 30), "au vu de la rapide dégradation des comptes de l'assurance maladie", la question "ne semble plus de savoir si le comité d'alerte […] tirera la sonnette d'alarme, mais quand il le fera. Avant ou après les élections législatives". Selon des chiffres qui devraient être publiés aujourd'hui, le déficit de l'assurance maladie "pourrait atteindre 5 milliards à 6 milliards d'euros au lieu des 4 milliards espérés", annonce ce quotidien.

Le comité d'alerte devrait donc demander "dans un délai d'un mois" des mesures de redressement. Selon les informations obtenues par La Tribune, outre la franchise, "une série de mesures d'urgence comme le renforcement du parcours de soins autour du médecin traitant, en pénalisant davantage les consultations hors parcours" serait envisagée. "Si ces consultations n'étaient plus remboursées qu'à hauteur de 50%, le gain pour l'assurance maladie s'élèverait à 100 ou 200 millions d'euros."

Une généralisation à tous les départements du "dispositif réservant le bénéfice du tiers payant qui acceptent la délivrance d'un médicament générique" pourrait être aussi mise en place. Tout comme une baisse des tarifs des cliniques, un gel des crédits des hôpitaux ou la création d'une taxe sur les médicaments.

Toutes ces mesures risqueraient d'être économiquement insuffisantes "d'où la tentation controversée à l'UMP d'accélérer la création d'une franchise". Le terme "controverse" est d'ailleurs bien adapté. En effet, hier, sur France Inter le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, a désapprouvé le projet de franchise proposé par Nicolas Sarkozy. "Je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire", a-t-il affirmé. Comme le note Libération (page 10), le Parti socialiste a rapidement profité de cette critique pour ironiser sur la "cacophonie gouvernementale qui commence". La réaction du ministre de la Santé ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué publié hier soir, Roselyne Bachelot-Narquin souligne que la franchise "devait être entendue comme un facteur de responsabilisation des assurés". Avant de préciser qu'elle rencontrera "très bientôt" Martin Hirsch "pour définir les conditions de mise en œuvre de cette réforme"…

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Alors qu'une étude récente laisse apparaître que le vaccin contre le cancer du col de l'utérus peut aussi prévenir les lésions précancéreuses de la vulve et du vagin, Le Monde (page 3) limite l'enthousiasme suscité par la commercialisation de ce mode de prévention. A l'heure actuelle, un seul de ces vaccins est autorisé en France : le Gardasil®, commercialisé par Sanofi Pasteur MSD.

Faute de recul suffisant, écrit Le Monde, il est difficile d'évaluer son efficacité réelle. On sait seulement que ce vaccin, même s'il a fait ses preuves contre les verrues génitales externes, "ne protège pas contre la totalité des types de cancer du col de l'utérus". Quant à ses effets secondaires sur le long terme, ils sont pour le moment inconnus.
D'où la première question : doit-on inciter (ou imposer) aux jeunes filles cette vaccination avant leur premier rapport sexuel, comme le recommande le Conseil supérieur d'hygiène publique de France ? Une deuxième interrogation s'ensuit logiquement : le système de protection sociale doit-il prendre en charge (totalement ou partiellement) ce mode de prévention dont on ne connaît pas pour le moment les effets ? Comme le rappelle le quotidien, le coût d'une vaccination généralisée serait de 150 millions d'euros. De plus, il faut savoir que "la vaccination contre le cancer du col de l'utérus ne pourra en aucune manière se substituer au dépistage par les frottis cervicaux, frottis qui devront continuer à être effectués chez les femmes vaccinées de la même manière que chez celles qui ne le sont pas, et ce, tous les trois ans entre 25 et 65 ans". Autant d'éléments à verser au débat.