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Les Français mangent trop et ne bougent pas assez

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a publié hier une étude sur les habitudes alimentaires. Il ressort que les Français mangent mal et ne font pas assez d'exercice physique.

"Le rôle de l'alimentation dans l'augmentation ou la prévention de certaines maladies comme le cancer, l'obésité ou les maladies cardio-vasculaires est aujourd'hui scientifiquement établi", affirme l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) dans sa 3e étude individuelle nationale des consommations alimentaires, dont Le Monde se fait largement l'écho.

Le rapport ausculte d'abord notre alimentation quotidienne. Les adultes consomment en moyenne 2,9 kg d'aliments chaque jour, soit environ 2.200 calories, dont 50% de boissons. Les hommes mangent plus que les femmes et leur apport énergétique est supérieur de 38% à celui des femmes.

L'Anses se penche sur le sel et les fibres. Les apports en chlorure de sodium sont estimés à 9 grammes par jour (g/j) chez les hommes et à 7 g/j chez les femmes, soit davantage que l'objectif nutritionnel de santé publique fixé par le Programme national nutrition santé (8 g/j pour les hommes et 6,5 g/j pour les femmes). En cause : les pains, les sandwichs, pizzas et pâtisseries salées, les condiments et sauces, les soupes et les charcuteries, précise Le Monde.

A l'opposé, les apports en fibres, contenues dans les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers, atteignent à peine 20 g/j chez les adultes, bien en deçà des recommandations de l'Anses (30 g/j). L'agence appelle les professionnels à "amplifier l'effort de réduction des teneurs en sel des aliments" et à "augmenter [celles] en fibres".

Ces habitudes alimentaires s'inscrivent dans un contexte peu propice au maintien en bonne santé : celui d'une activité physique insuffisante et d'une sédentarité qui progresse de manière "alarmante". "La sédentarité est un problème préoccupant : elle joue un rôle dans l'apparition de certaines pathologies comme le diabète, l'obésité et les maladies cardio-vasculaires, même dans le cas d'individus qui pratiquent trente minutes d'activité physique par jour, comme nous le conseillons", indique, dans Le Monde, Jean-Luc Volatier, adjoint au directeur de l'évaluation des risques de l'Anses.

Cette agence recommande de définir un repère spécifique sur la sédentarité en complément de celui existant sur l'activité physique. Conséquence de la sédentarité : 13% des enfants et des adolescents, et 34% des adultes étaient en surpoids en 2014-2015, et respectivement 4% et 17% étaient obèses.

Mais ce sont surtout les inégalités sociales qui s'avèrent les plus criantes. Les Français ayant un niveau d'étude supérieur ou égal à bac +4 consomment davantage de fruits et deux fois moins de sodas que ceux qui se sont arrêtés au primaire ou au collège. Ils pratiquent également plus d'activité physique et sont moins souvent obèses.

"Beaucoup reste à faire pour atteindre une alimentation de bonne qualité nutritionnelle et surtout accessible à tous, conclut, dans Le Monde, le Pr Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé. Cela passe par une politique de santé publique "bien plus ambitieuse qu'aujourd'hui", basée sur des "taxes et des subventions, l'interdiction de la publicité pour les aliments trop riches en gras, en sel et en sucre, ou la mise en place d'un logo nutritionnel", précise Le Monde.

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John Sutton

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