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Frais de gestion des complémentaires : pas d’opacité, mais de la diversité

A l'issue d'une étude réalisée à partir des réponses de seulement 70 internautes sur les frais de gestion et d'acquisition de leur complémentaire santé, Le Monde (page 8) conclut qu'il est "quasiment impossible" pour les assurés, et ce malgré l'obligation de transparence effective depuis le 1er janvier, "de savoir si la part de leur cotisation utilisée pour couvrir les frais de gestion et d'acquisition est importante ou modérée". Et le journal de pointer les difficultés de comparaisons car, entre autres, "certaines complémentaires présentent les frais hors taxe, d'autres y incluent les taxes sur les assurances et la taxe CMU (13,2% des cotisations), d'autres en­core ne précisent rien". Comme le fait valoir le président de la Mutualité Française, "on ne peut pas avoir du jour au lendemain des données homogènes. Ce n'est pas nous qui avons décidé des conditions. Mais s'il y a besoin de plus de précision, on le fera".

Nonobstant ces obstacles, Le Monde se livre à un comparatif sur 43 organismes complémentaires. Conclusion : "au total, les frais s'étalent de 6,7% à 41%" et parmi eux, les frais d'acquisition "évoluent de 0% à 21,7%". Si la mutuelle des personnels d'Air France affiche 0% de frais d'acquisition, à l'autre bout de l'échelle, "parmi les dix complémentaires les plus gourmandes, neuf sont des assureurs".

Si globalement, les mutuelles sont plutôt situées dans la fourchette médiane de ces frais, il existe effectivement des disparités entre les groupements du fait de leur positionnement sur le marché. Aussi, comme le fait remarquer Pascal Beau, directeur de la revue Espace social européen, si les institutions de prévoyance ont des frais moins élevés, cela s'explique par le fait que "les assureurs doivent payer des courtiers alors que les mutuelles travaillent souvent en direct et que les institutions de prévoyance ont juste besoin qu'un patron et des syndicalistes s'entendent pour couvrir tous les salariés de l'entreprise".

L'obligation de transpa­rence, rappelle Le Monde, est issue du débat parlementaire, en 2011, sur le relèvement de la taxe sur les conventions d'assurances (TSCA). Des députés avaient également commandé un rapport pour comprendre les différences de niveau des frais d'acquisition entre les complémentaire et le régime obligatoire. Comme le rap­pelle d'ailleurs fort à propos le quotidien : "Les complémentaires doivent notamment se battre pour acquérir des clients alors que la Sécu est obligatoire" (cliquer ici pour voir la réaction d'Etienne Caniard).

 

Marisol Touraine dévoile son plan d'économies

"Les patients ne seront ni moins bien soignés, ni moins bien remboursés. Les réformes que j'engage n'aboutiront pas à un système de santé "low-cost", mais au contraire à préserver l'excellence de notre modèle", assure la ministre de la Santé. Dans un long entretien aux Echos (page 3), Marisol Touraine dévoile les grands axes de son plan de dix milliards d'euros d'économies pour l'assurance maladie d'ici à 2017. L'ensemble des acteurs de santé seront mis à contribution, en particulier les laboratoires pharmaceutiques (3,5 milliards) et les hôpitaux (2 milliards).

"Si nous voulons préserver notre modèle envié dans le monde, le statu quo est impossible, soutient-elle. Nous devons faire le pari de l'innovation, relever les défis du vieillissement ainsi que les contraintes financières." "C'est un effort sans précédent", estime la ministre de la Santé : "Dès 2015, la progression des dépenses sera limitée à 2,1%, puis à 2% en 2016 et enfin à 1,9% en 2017."

Le plan d'économies sur trois ans se déclinera en quatre grands axes. "D'abord, l'accent sera mis sur les soins de proximité, en favorisant la coopération entre la médecine de ville, l'hôpital et les maisons de retraite, explique la ministre. Dès 2016, une opération sur deux pourra être réalisée en ambulatoire !" Deuxième axe : "Garantir un meilleur usage des soins en évitant les actes inutiles ou redondants et la consommation de médicaments inadaptés."

Dans le domaine des médicaments, l'objectif est de réaliser "une économie de 3,5 milliards d'euros en trois ans, en baissant les prix et en favorisant les génériques". Enfin, les hôpitaux seront mis à contribution, à hauteur de 2 milliards d'euros. "Ils devront en particulier mieux gérer et mutualiser leurs achats", pré­cise la ministre, qui annonce également des mesures pour éviter le recours excessif aux médecins intérimaires, "qui coûtent trop cher aux établissements publics".

John Sutton et Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)