La fracture sociale se lit aussi dans la consommation de tabac

La consommation de tabac stagne en France depuis six ans, indique le dernier Baromètre santé-tabac de l'agence Santé publique France. Mais elle augmente chez les plus pauvres. D'où un besoin de renforcer la prévention.

Le niveau de consommation du tabac des Français se maintient malgré les campagnes de prévention et les aides au sevrage. C'est le constat que tire le Baromètre santé-tabac publié dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence Santé publique France, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, ce 31 mai 2017.

Ainsi, rapporte Le Figaro, "en 2016, 34,5% des 15-75 ans fumaient du tabac, 28,7% quotidiennement". Des taux qui stagnent depuis 2010, après la hausse observée entre 2005 et 2010. En d'autres termes, un tiers de la population fume toujours. Ce qui, au niveau européen, souligne que "la France est à la traîne", ajoutent Les Echos.

Il n'y a qu'à comparer : l'Allemagne compte un quart de fumeurs, tout comme l'Espagne, la Belgique et les Pays-Bas, alors que les fumeurs italiens et  anglais ne représentent qu'un cinquième de la population.

"Mais l'évolution la plus inquiétante tient sans doute à la montée des inégalités sociales face au tabagisme", depuis le début des années 2000, écrit le quotidien économique.

Précisément, plus les personnes sont défavorisées, plus elles sont dépendantes de la cigarette. Inversement, plus les niveaux de diplômes et de revenus sont élevés, plus la consommation diminue. Dans le détail, rapportent Les Echos, "la proportion de fumeurs quotidiens parmi les non-diplômés a crû de 34%, en 2010, à 38,9% en 2016 tandis qu'elle baissait de 23% à 21,1% pour les personnes ayant au moins le baccalauréat".

Pour expliquer cette situation, les chercheurs suggèrent plusieurs hypothèses, note Libération. Ils mettent par exemple en avant "l'utilisation de la cigarette pour gérer le stress", "la difficulté à se projeter dans l'avenir", mais aussi "la méfiance à l'égard des messages de prévention", "le déni du risque", ou bien encore "une norme sociale en faveur du tabagisme".

De fait, résume le BEH, cité dans Le Figaro, ces résultats "incitent à poursuivre de façon affirmée la lutte contre le tabagisme, en veillant notamment à ce que les personnes vivant dans les conditions les plus défavorisées bénéficient de plus d'attention et d'aides spécifiques pour arrêter de fumer".

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Frédéric Lavignette

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