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Forte solidarité envers les plus vulnérables

Sur fond de débats autour d'un revenu universel, une étude du ministère de la Santé montre que les Français sont solidaires des bénéficiaires de minima sociaux. Une tendance "très marquée" malgré des inquiétudes sur le financement de la protection sociale.

La solidarité n'est pas un vain mot : les Français demeurent "solidaires des plus vulnérables" qui perçoivent des minima sociaux, indique une étude publiée le 19 janvier 2017 par le ministère de la Santé.

Ces conclusions tombent à point nommé pour alimenter les débats autour d'un éventuel revenu universel, ou d'existence, visant à remplacer l'ensemble des minima sociaux actuels. Selon le rapport Sirugue, sur ce thème, publié en avril 2016, "les minima sociaux bénéficient aujourd'hui à plus de quatre millions d'allocataires directes et même à 6,8 millions de personnes en prenant en compte les conjoints et enfants".

Pour 53% des concitoyens, le financement de la protection sociale alourdit la dette de la France et constitue un frein pour sortir de la crise. Malgré cela, la solidarité envers les personnes "en situation difficile" reste "très marquée", précise l'analyse de la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees).

62% réclament une hausse du RSA

Ainsi, 62% de la population réclament une augmentation du revenu de solidarité active (RSA). Pour mémoire, le montant de cette aide sociale est de 525 euros par mois pour une personne seule sans enfant. Ceux qui défendent le plus la hausse du RSA sont les personnes sans emploi à temps plein : étudiants, chômeurs (63%) ou travailleurs à temps partiel (72%).

A l'inverse, ce taux est plus faible chez les Français dont le niveau de vie dépasse 2.000 euros (55%). "Cependant, lorsqu'ils y sont favorables, ils seraient plus enclins à accepter une augmentation de leurs impôts pour la financer", explique la Drees. C'est le cas pour près de la moitié d'entre eux, "contre 37% pour les demandeurs d'emploi ou 28% pour les personnes employées à temps partiel".

Cibler les aides en fonction des revenus

Cet esprit solidaire se retrouve dans le champ du handicap. Pour 85% des concitoyens, il est "normal qu'une personne handicapée ait un revenu supérieur à une personne non handicapée". Les autres jugent que les minima sociaux ne doivent pas être différenciés, que la personne soit handicapée ou non. Versée à plus d'un million de bénéficiaires, l'allocation aux adultes handicapés (AAH) atteint au maximum 808 euros par mois pour une personne seule, rappelle-t-on.

Les répondants veulent que les aides soient davantage ciblées en fonction des moyens financiers, note la Drees. Tandis que 46% d'entre eux se prononcent en faveur d'une aide universelle, 54% estiment que "les aides financières destinées à compenser le handicap devraient être réservées aux seules personnes disposant de faibles revenus".

Dépendance : une cotisation spécifique ?

Même tendance en matière de dépendance mais avec moins d'une personne sur trois qui défend une aide universelle. Les 71% restants préfèrent réserver cette prestation aux plus bas revenus.
Par ailleurs, 61% souhaitent que "l'Etat et les pouvoirs publics prennent en charge le financement de la dépendance". Si une cotisation spécifique devait être créée, 34% l'imaginent "obligatoire pour tous" et 17% "obligatoire, à partir d'un certain âge".

Enfin, 48% envisagent un tel dispositif "uniquement pour ceux qui le veulent". Plus globalement, les Français considèrent majoritairement que la solidarité "devrait avant tout être l'affaire de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales".

Pour en savoir +

L'analyse de la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees).

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)