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Forfait hospitalier : « Une logique comptable »

Pour le président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, la hausse annoncée du forfait hospitalier relève des "recettes du passé" et est contradictoire avec l'objectif du gouvernement d'un "reste à charge zéro".

La ministre de la Santé a annoncé une hausse du forfait hospitalier, lequel devrait, selon toute vraisemblance, passer de 18 à 20 euros au 1er janvier 2018. Interrogée hier sur RMC, Agnès Buzyn a indiqué que ce serait les mutuelles qui paieraient "et non les Français".

"Les mutuelles, ce sont les Français qui les paient et quand on augmente les dépenses des mutuelles, on augmente les dépenses des Français", a réagi hier le président de la Mutualité Française, dans le journal télévisé de 13 heures de France 2.

Ce matin, lors de l'émission Bourdin Direct, sur RMC, Thierry Beaudet a dénoncé une "logique comptable", qui a recours aux "recettes du passé". "Les mutuelles vont être contraintes d'augmenter les cotisations", a-t-il prévenu.

C'est que la note s'annonce salée pour les complémentaires en 2018. La hausse du forfait hospitalier représentera un surcoût de "180 millions d'euros pour les complémentaires", a précisé le président de la Mutualité Française sur RMC, un chiffrage évoqué hier au JT de 13 heures de TF1.

Mais d'autres mesures auront un impact direct sur les comptes des mutuelles et toucheront indirectement leurs adhérents. "La participation des complémentaires santé au forfait patientèle du médecin traitant va passer de 150 à 250 millions d'euros. Nous allons aussi financer la première année pleine de consultation à 25 euros chez le médecin généraliste (75 millions d'euros). La revalorisation des pharmaciens va coûter 55 millions d'euros au secteur" (…). L'addition pour les complémentaires santé atteint 400 millions", précise Thierry Beaudet dans un entretien aux Echos.

Additionné à l'augmentation des remboursements des complémentaires, induite par la hausse tendancielle des dépenses de santé, soit " 400 millions par an" ces dernières années, le besoin de financement en 2018 pour les complémentaires sera de "800 millions d'euros", fait valoir le président de la Mutualité Française.

Pour Thierry Beaudet, la hausse du forfait hospitalier est emblématique de ces mesures qui alourdissent les dépenses de santé des mutuelles, ce qui est "contradictoire avec l'objectif affiché de suppression du reste à charge, c'est-à-dire de baisse du coût de la santé pour les Français", a-t-il relevé au JT de 13 heures de France 2.

En effet, le gouvernement vise un reste à charge zéro sur les lunettes et les prothèses dentaires et auditives. Dans Les Echos, le président de la Mutualité plaide plutôt pour un reste à charge "maîtrisé". "Nous devrions y aller de manière progressive en ne visant pas toute la population française, mais en se concentrant dans un premier temps sur des cibles prioritaires (…) comme les enfants scolarisés".

Pour Thierry Beaudet, les deux leviers d'action pour réduire ce reste à charge sont "de meilleurs remboursements" et "une action sur les prix des lunettes, prothèses dentaires et optiques". Il propose notamment de "permettre aux complémentaires de négocier directement avec les professionnels de santé".

Cette négociation nécessite au préalable une objectivation du coût des soins. C'est l'objectif de la Mutualité Française, qui présentera, le 28 septembre 2017, à Nancy, la première édition de son "Observatoire - Place de la Santé". Ce baromètre montre, comme le signale L'Est républicain, qui si le prix moyen d'une paire de lunette est de 437 euros au niveau national, il varie de 271 euros en Ariège à 513 euros à Paris. "On constate que le prix des lunettes et des prothèses s'ajuste aux capacités contributives de la population", note Thierry Beaudet dans ce quotidien régional.

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Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)