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Fondation Abbé-Pierre : quand le logement rend malade

"Quinze millions de personnes sont touchées, avec une intensité diverse, par la crise du logement. (…). Engageons des politiques volontaristes", en construisant des logements sociaux accessibles aux ménages les plus modestes, a réclamé hier Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, en présentant son rapport annuel. Près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont plus de 2 millions ne possèdent pas d'eau courante, de WC intérieurs, de douche, de chauffage ou de coin cuisine. Enfin, plus de 934.000 personnes vivent en "surpeuplement accentué", c'est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme.

La Fondation Abbé Pierre souligne le lien entre mal-logement et santé. "L’humidité, qui favorise les moisissures, le mauvais chauffage (…) entraînent une ribambelle de pathologies", détaille Le Parisien/ Aujourd’hui (page 11).

Quand le premier des quatre enfants d’Aïcha avait 6 mois, "il a commencé à faire des bronchites et des bronchiolites à répétition. Une par mois", témoigne-t-elle dans L’Humanité (page 15). Puis ce furent les crises d’asthme, les innombrables séances de kiné respiratoire et les antibiotiques. "C’est la faute à l’humidité de l’appartement, nous a expliqué le pneumologue", rapporte cette mère de famille.

Lorsqu’un ménage doit dépenser plus de 30% de ses ressources pour se loger, il se voit contraint de réduire ses dépenses de santé de 35 euros par mois en moyenne par rapport à un ménage qui y consacre moins de 10%.

Son cas n’est pas isolé. Selon la Fondation Abbé Pierre, "l’habitat indigne est à l’origine de nombreux troubles sur le plan sanitaire". La fondation s’appuie également sur une étude récente de l’association Médecins du monde, réalisée dans des logements insalubres du Val-de-Marne.

Selon cette enquête, 48% des enfants souffraient de rhinites, maux de gorges et otites, 17% d’eczéma et autant d’asthme et de troubles du sommeil, précise Le Parisien/Aujourd’hui .

Le prix des loyers nuit aussi gravement à la santé. "Lorsqu’un ménage doit dépenser plus de 30% de ses ressources pour se loger, il se voit contraint de réduire ses dépenses de santé de 35 euros par mois en moyenne par rapport à un ménage qui y consacre moins de 10%", constate la Fondation Abbé Pierre.

Quand ils ne sont pas à l’origine des pathologies, les difficultés de logement les aggravent, comme c’est le cas pour Mme C., à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rapporte L’Humanité (page 15). Souffrant d’une insuffisance cardiaque grave, cette femme handicapée était sur la liste d’attente pour une transplantation, mais celle-ci lui a été refusée en raison de ses conditions de logement. Le taux d’humidité (85%) relevé dans son F2, l’absence d’ascenseur, l’étroitesse des escaliers auraient pu "mettre en péril les chances de réussite de l’opération". Problèmes de santé et mal-logement forment un véritable "cercle vicieux", souligne la Fondation Abbé Pierre, qui juge indispensable de décloisonner le monde médical et les acteurs du logement.

A lire aussi – Zika : risque épidémique faible en métropole

Le virus Zika, qui touche le continent américain, a été confirmé dans au moins six pays européens : le Royaume-Uni (3 cas), l’Italie (4), Les Pays-Bas (10), le Portugal (4), la Suisse (2) et le Danemark (1). "Tous étaient des touristes rentrant des zones touchées", précise, dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 11), Anna-Bella Failloux, directrice de recherche à l’Institut Pasteur. En revanche, des cas autochtones (infections contractées sur place) ont été signalés aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin) et en Guyane française, où 45 cas étaient "biologiquement confirmés et 160 suspectés, dont quatre femmes enceintes".

Il n’existe pas de traitement curatif ni de vaccin, seulement des traitements des symptômes, à savoir la fièvre, des douleurs articulaires, la conjonctivite et les éruptions cutanées. "Zika a quand même deux objets de préoccupations graves mais rares", souligne, dans Libération (page 12), Arnaud Fontanet, responsable de l’unité épidémiologique des maladies émergentes de l’Institut Pasteur. "La première, c’est le symptôme de Guillain-Barré, qui peut entraîner des paralysies des membres et des complications respiratoires et justifier une hospitalisation dans un service de réanimation, explique l’épidémiologiste. La deuxième complication, qui n’est apparue que lorsque l’épidémie est arrivée au Brésil, ce sont les microcéphalies d’enfants qui naissent avec un petit périmètre crânien, survenu chez des nouveau-nés de femmes qui ont connu une infection de Zika", L’épidémie risque-t-elle d’arriver jusqu’en métropole ? interroge Libération. "En France, comme il y a peu de moustiques-tigres [transmetteurs du virus Zika NDLR], le risque épidémique est faible", estime Arnaud Fontanet.

En bref

Social

  • "Loi santé : Touraine ne lâche rien." La ministre de la Santé n'a pas abandonné la bataille du tiers payant généralisé. Publié le 27 janvier 2016 au Journal officiel, le texte de la loi santé stipule qu’avant le 28 février, l'assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé doivent "transmettre au ministre un rapport présentant les solutions techniques" permettant la mise en place du tiers payant généralisé. Le Parisien/Aujourd’hui (page 9).
  • "Chômage : nouvelle rechute." Le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A a progressé de 15.800 en décembre et de 90.000 sur l’ensemble de l’année 2015. Libération page 11.

Santé

  • "La mortalité routière en hausse pour la deuxième année consécutive." 3.464 personnes sont mortes sur les routes de France en 2015, soit 2,4% de plus qu’en 2014. Le Monde page 13.

Et aussi

  • Le 15 février, David Gruson, 36 ans, actuel directeur général du CHU de La Réunion, va succéder à Gérard Vincent comme délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF). Les Echos page 35.
  • Atol, quatrième réseau d’opticiens, mise sur les lunettes géolocalisables pour se démarquer. Les Echos page 22.
  • Novartis, qui doit faire face à une importante vague d’expiration de brevets, restructure son activité ophtalmologie Les Echos page 19.
John Sutton

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