croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Financement de la dépendance : une bombe à retardement

Difficile pour les pouvoirs publics de faire l'impasse sur le vieillissement de la population et la prise en charge de la dépendance. Or, le sujet semble avoir "disparu des radars".

Vieillissement de la population oblige, nul doute que le thème de la dépendance devra s'imposer de nouveau dans les projets politiques. Mais pour l'heure, observe Le Figaro, après avoir été au cœur des deux campagnes électorales précédentes, le sujet semble avoir "disparu des radars".

Pourtant, l'espérance de vie des femmes atteint actuellement les 85 ans et celle des hommes les 78 ans. D'ici à 2060, celle des deux sexes pourrait encore évoluer de sept ans. Un mouvement qui s'accompagne logiquement d'une augmentation des cas de perte d'autonomie. A l'heure actuelle, indique Le Figaro, "1,2 million de plus de 60 ans se trouvent aujourd'hui en situation de dépendance".

Dans ce contexte, les dépenses de prises en charge du grand âge devraient augmenter, que ce soit pour les pouvoirs publics, qui en financent les trois quarts, ou pour les ménages qui en assurent le reste.

D'ici à 2060, la part publique devrait évoluer de 1,11% à 2,07% du PIB. L'augmentation de la dépense totale de 1,4% à 2,78% du PIB.

"D'où l'obligation de trouver des solutions", note Le Figaro. "C'est le moment pour la société de réfléchir à une assurance dépendance, qui serait par exemple proposée par les complémentaires santé, et qui pourrait être rendue obligatoire à partir d'un certain âge pour mutualiser le risque", estime à ce titre Thierry Beaudet, le président de la Mutualité Française, dans les colonnes du quotidien. Certains suggèrent même que cette assurance soit obligatoire, voire associée au contrat retraite ou au contrat d'assurance habitation de chacun.

Le 8 mars 2018, une autre piste devrait être examinée à l'Assemblée nationale. Elle émane du groupe communiste et vise notamment à soutenir les aidants familiaux en facilitant l'obtention de jours de congé, voire en les rémunérant, "ce qui coûtera toujours moins cher à la collectivité".

D'autres propositions préconisent une refonte du système. Une députée du Modem propose par exemple d'affecter une partie des ressources des droits de succession au financement de la dépendance. Elle évoque également la mise en place d'un guichet unique de la dépendance au niveau départemental.

Pour sa part, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, "ne prévoit pas de s'attaquer dans l'immédiat à ce dossier", prévient Le Figaro. Avant de lancer un éventuel grand débat public sur le sujet en 2019, elle attend que lui soit remis en juillet deux rapports sur la dépendance, dont l'un émanera du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam).

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)