Financement de l’assurance maladie : inquiétudes

Le Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie (Hcaam) se réunit aujourd'hui pour examiner plusieurs pistes permettant de redresser les comptes de l'assurance maladie, parmi lesquelles les franchises non remboursées sur les soins médicaux. "Cela risque de défavoriser certains patients, en les dissuadant de se faire suivre alors que leurs besoins sont réels", avertit dans La Croix (page 4), Bertrand Sagez, représentant de la CFTC au Hcaam. Même son de cloche du côté de la Confédération syndicale des familles (CSF), où l'on craint qu'une telle mesure ne soit prise au détriment de la "prévention, qui évite d'avoir des pathologies plus lourdes", et ne se révèle finalement plus coûteuse.

Hostile aux franchises, l'organisation Médecins du monde (MDM) s'inquiète de la dégradation de l'accès aux soins des plus démunis, souligne Libération (page 14). Après une tournée de quatre mois dans une quinzaine de villes françaises, l'association s'est invitée hier à l'Assemblée nationale pour demander aux nouveaux députés de "ne pas laisser passer de lois aggravant encore le sort des personnes les plus précaires". MDM demande l'extension du bénéfice de la CMU à toutes les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (y compris aux sans-papiers) et l'ouverture d'une permanence d'accès aux soins dans chaque hôpital.

Mais le débat sur les franchises a été éclipsé ces derniers jours au profit de celui sur le "bouclier sanitaire" et la "franchise" sur le premier jour d'arrêt-maladie, proposés par Martin Hirsch. "Les idées du haut-commissaire aux Solidarités actives se heurtent néanmoins à plusieurs objections", souligne Libération (page 11). La première est soulevée par l'Association des accidentés de la vie (Fnath) qui dénonce le fait que "les travailleurs seraient amenés à financer, sur leur propre journée de RTT, les conséquences économiques de leur accident du travail ou de leur maladie". Quant au "bouclier sanitaire", laissant à la charge de l'assuré des sommes ne pouvant pas dépasser 3 à 5% de ses revenus bruts, cela suppose que les caisses d'assurance maladie connaissent précisément les revenus des patients, ce qui n'est pas le cas actuellement.

L'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam) est également montée hier au créneau contre le plan de redressement de l'assurance maladie, qui impose aux organismes complémentaires une contribution de 200 millions d'euros pour participer au financement des rémunérations forfaitaires des médecins, rapportent Les Echos (page 4). En outre, elle dénonce "une mesure unilatérale" prise "sans information, ni concertation préalable". Selon Les Echos, les organismes complémentaires pourraient obtenir l'annulation de cette mesure, qui constitue une nouvelle recette, mais certainement pas une mesure d'économies.

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Après les affaires des hôpitaux d'Epinal et de Toulouse, l'inquiétude et la suspicion se sont invitées dans les salles d'attente des 180 centres de radiothérapie en France, souligne Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). "On s'est rendu compte qu'il y avait un manque cruel de personnels spécialisés en radiophysique médicale ou encore un déficit de formation aux nouvelles machines", explique Michel Marty, cancérologue et coordonnateur du congrès Eurocancer, qui se tient actuellement à Paris. L'Institut national contre le cancer (Inca) planche actuellement sur de nouvelles dispositions réglementaires. "Le bénéfice du traitement pour les patients est extrêmement supérieur au risque d'incident", tient à rassurer le Pr Patrick Gourmelon, directeur de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

 

John Sutton

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