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Fenêtres ouvertes : enfants en danger !

Chaque année en France, plus d’une centaine de jeunes enfants chutent accidentellement d’une fenêtre ou d’un balcon. Méconnu du grand public, ce risque devrait bientôt faire l’objet de campagnes de prévention mieux ciblées. Mais l’évolution des mentalités devra s'accompagner aussi d'un durcissement des normes de sécurité.

Dans un avis émis en octobre dernier, la Commission de la sécurité des consommateurs estime à plus d’une centaine le nombre d’enfants de moins de 6 ans qui chutent, chaque année, d’une fenêtre ou d’un balcon. 15% d’entre eux décèdent dans l’accident et 15% gardent des séquelles cérébrales ou orthopédiques à vie. "C'est simple : en Ile-de-France, les défenestrations représentent 65% des accidents graves chez les moins de 6 ans", constate le Pr Philippe Meyer, médecin anesthésiste réanimateur aux urgences pédiatriques de l’hôpital Necker, à Paris.

Voilà plusieurs années que cet établissement, qui accueille en priorité les enfants gravement traumatisés, alertait les pouvoirs publics sur ce risque méconnu. L’an dernier, la direction générale de la Santé lui a enfin confié, en partenariat avec l’Institut de veille sanitaire, la conduite d’un groupe de travail destiné à mieux cerner le risque, pour élaborer des campagnes de prévention adaptées.

Une réglementation à revoir

Le constat est toujours le même : une dizaine de secondes d’inattention de la part des parents suffisent pour que l’enfant, qui n’a pas la notion du risque, bascule dans le vide, explique le Pr Meyer. La plupart du temps, c’est un meuble ou un radiateur, placé sous la fenêtre, qui lui a permis de se hisser sur le rebord." Ne jamais laisser, même un temps très court, un enfant de moins de 6 ans près d’une fenêtre ouverte ; ne jamais placer de meuble, a fortiori un lit, sous une fenêtre : les mesures de prévention les plus efficaces s’adressent donc d’abord aux parents.

Elles devraient s’accompagner d’une évolution de la réglementation, actuellement très insuffisante. Rejoignant l’avis de la Commission de la sécurité des consommateurs, le groupe de travail mené par le Pr Philippe Meyer préconise ainsi de porter la hauteur minimale des garde-corps de 1 à 1,10 mètre et d’inciter les responsables du parc HLM – où se produisent la moitié des accidents – à équiper les fenêtres d’entrebâilleurs de sécurité. Il propose également d’interdire, dans les règlements de copropriété, les articles qui empêchent aujourd’hui les occupants d’immeubles d’installer des dispositifs de sécurité pour des raisons esthétiques. "C’est l’occasion de rappeler qu’il n’existe aujourd’hui sur le marché aucun dispositif de sécurité normé, spécifiquement conçu pour prévenir le risque de défenestration, remarque le Pr Philippe Meyer. Sur ce plan-là aussi, des mesures urgentes s’imposent."