Femmes enceintes : prudence avec les médicaments

Combien de victimes de la Dépakine ? Selon l'épidémiologiste Catherine Hill, en près de cinquante ans, au moins 12.000 enfants pourraient avoir été atteints de troubles neurologiques et 3.000 de malformations du fait de cet antiépileptique et de ses dérivés prescrit aux femmes enceintes, rapportent Les Echos. Il s'agit d'une première évaluation avant la publication des chiffres définitifs.

"Au début du mois, explique le quotidien économique, une étude conjointe de l'assurance maladie et de l'Agence de sécurité nationale du médicament (ANSM) a estimé le nombre de grossesses exposées à 14.322 entre 2007 et 2014. Une nouvelle enquête est en cours pour estimer l'état des 8.701 enfants nés vivants sur cette période." Elle sera publiée vers la fin de l'année.

Le gouvernement a missionné deux experts pour préparer la création d'un fonds d'indemnisation public. Leurs conclusions sont attendues dans les prochaines semaines.

Interrogée le 4 septembre 2016 au Grand-Jury de RTL, Marisol Touraine a reconnu la responsabilité de l'Etat et a promis que les victimes seraient indemnisées "rapidement et simplement" via un fonds ad hoc qui sera voté avec le budget de la Sécurité sociale en octobre prochain.

De son côté, le rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l'Assemblée, le député Gérard Bapt, propose de créer un fonds pérenne dédié à l'ensemble des accidents sanitaires et financé par une taxe sur les produits de santé.

"Les questions soulevées par l'affaire de la Dépakine nous rappellent combien les médicaments sont à manipuler avec prudence chez la femme enceinte en raison des risques toxiques pour le fœtus", souligne le Figaro (page 9). "Moins une femme enceinte prend de médicaments, moins elle court le risque de nuire à son futur enfant. Il faut donc agir avec discernement", affirme le Pr François Chast, pharmacien hospitalier.

Or, au cours de sa grossesse, une femme se voit prescrire en moyenne dix médicaments, selon la base de données efemeris.fr. "Avec des écarts qui vont de zéro à 70 médicaments !", précise la co-fondatrice de cette base de données.

Sans compter les médicaments pris en automédication, pour lesquels une grande prudence s'impose. L'ibuprofène, l'aspirine et tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont ainsi fortement déconseillés en début de grossesse et strictement interdits au-delà du cinquième mois, prévient Le Figaro.

Que faire, alors, en cas de maladie chronique comme l'asthme, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, l'épilepsie ou l'hypertension ? Il est recommandé d'anticiper la grossesse et 'en parler à tous les spécialistes concernés, conseille le quotidien. "Le contact entre le spécialiste et le gynécologue-obstétricien est primordial. Car ce n'est pas ce dernier qui va modifier le traitement si cela s'avère nécessaire en cours de grossesse", rappelle le Pr Bernard Hedon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

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