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Fausse route

"Les franchises médicales sont comme un cataplasme sur une jambe de bois !", a dénoncé hier Jean-Pierre Davant, invité du journal de 12h30 de RTL. "Elles vont surenchérir les dépenses de santé, alors qu’il faudrait s’attacher au contraire à redessiner le système de santé pour éviter les gaspillages", a ajouté le président de la Mutualité française.

"Les franchises vont créer des difficultés accrues aux personnes qui sont déjà en difficulté. Elles ne vont rien régler mais faire payer plus nos concitoyens sans apporter de solutions aux problèmes de santé que soit au plan financier et au plan de la qualité du système de santé", poursuit Jean-Pierre Davant dans un entretien vidéo en ligne sur les sites Internet du Nouvel Observateur, de L’Express, du Midi libre et de Ouest France.

Sur BFM radio, le président de la Mutualité française a expliqué qu’il entendait désormais "convaincre les pouvoirs publics qu’ils font fausse route". Pour lui, il est désormais nécessaire de "mettre autour d’une table l’ensemble des acteurs du système de santé et poser comme principe que toute réforme doit se faire dans l’intérêt général, et des citoyens, qui financent le système de santé".

Bien d’autres voix s’élèvent contre les franchises. Ainsi, Michel Régereau, président de l’Uncam, parle de "rustines". Pour les associations socio-sanitaires réunies au sein de l’Uniopss, elles constituent une "rupture avec la solidarité" (Le Figaro-économie page 25).

De son côté, l’Association des paralysés de France "dénonce les dépenses supplémentaires qu’implique la mise en place des franchises pour les personnes en situation de handicap".

La CGT déplore pour sa part, "la culpabilisation des malades, des retraités et des familles" (Le Monde page 1), tandis que pour la FSU, cela "montre que les principes fondateurs de la Sécurité sociale sont profondément remis en cause".

Outre l’instauration de franchises, le gouvernement souhaite également engager le chantier de la maîtrise de la démographie médicale. "Faut-il réduire la liberté d’installation des médecins ?" : c’est la question que La Tribune (page 36) a posée à Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française, et à Julien Mousquès, chercheur à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

"A refuser de toucher à un principe vieux de 80 ans, on a fini par oublier l’essentiel : à savoir que le corps médical doit être au service du public, et ce d’autant plus qu’il est financé par la collectivité", estime Daniel Lenoir. Pour lui, "il est temps que l’on revienne à la vocation première de l’assurance maladie, en répartissant de façon équitable le corps médical sur l’ensemble du territoire, en fonction des besoins de soins des Français".

Pour Julien Mousquès, "le plus efficient" serait soit de montrer aux médecins "l’attrait de l’exercice de la médecine dans les zones mal desservies, soit en renforçant leur capacité à exercer dans ces zones".

A lire aussi – Médicaments : prescriptions irrationnelles

Les prescriptions "irrationnelles" de certains médicaments ont entraîné un "immense gâchis" de 650 millions d’euros pour la "Sécu" entre 2002 et 2006 : c’est ce que dénonce l’UFC-Que choisir dans une enquête présentée hier portant sur les médicaments prescrits pour des problèmes gastriques, d’arthrose ou d’hypertension. Ces derniers représentent 14% des dépenses de médicaments remboursables, indique Le Monde (page 9).

Pour cette association, les médicaments génériques sont souvent "oubliés" par les médecins au profit d’autres plus onéreux et la priorité est parfois donnée à des médicaments "moins efficaces et plus chers".

L’UFC constate, pour le déplorer, que les informations dont disposent les médecins "proviennent essentiellement de l’industrie pharmaceutique". De plus, la formation médicale continue (FMC) "est financée à 90% par l’industrie pharmaceutique", qui cherche "naturellement un retour sur investissement", souligne UFC-Que choisir (Libération, page 14).

Pour tenter de "rééquilibrer les sources d’information", des médecins, l’UFC propose de créer un corps de 1.700 visiteurs médicaux indépendants, placés sous la responsabilité de la Haute Autorité de santé, note Le Monde.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)