Famille : nouvelles économies en vue

Le gouvernement devrait annoncer ce mois-ci de nouvelles mesures d'économies (800 millions d'euros) portant sur la branche famille de la Sécurité sociale. Les Echos (page 6) croient savoir qu'il ne s'attaquerait pas aux allocations familiales, dont l'universalité a été confortée, ni à l'aide aux ménages employeurs de nourrices.

"Le nouveau train de mesures va succéder un peu rapidement à celles annoncées précédemment", relève le quotidien économique, comme le report de la revalorisation des allocations familiales et des aides à la garde d'enfants à 2015. Autres mesures déjà mises en place : le gel et la modulation de la prime de naissance, la réduction des droits au congé parental et "surtout une réforme du quotient familial affectant 1,4 million de foyers fiscaux pour un impact d'un milliard d'euros", soulignent Les Echos.

Cette fois, le gouvernement vise le congé parental. Selon le quotidien économique, la mesure envisagée consisterait à aligner les droits liés à la naissance du deuxième enfant sur ceux du premier : un congé d'une durée d'un an au lieu de trois ans maximum. Elle représenterait une économie de 300 à 400 millions d'euros pour la Sécu. De nombreux pères pourraient renoncer à leur droit au congé parental en raison de la trop faible compensation prévue : 391 euros par mois.

Autre source d'économies à l'étude : la prime de naissance de 923 euros, accordée à 85% des mères. Plutôt que d'abaisser le plafond (47.000 euros par an pour un couple), l'idée serait de réduire fortement la prime dès le second enfant. Des projets qui inquiètent Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) : "L'incidence de la baisse du quotient familial s'est déjà fait sentir sur la feuille d'impôt l'an dernier et se renforce cette année. Ça commence à faire beaucoup."

 

Complémentaire santé : initiatives locales

C'était il y a un an : en septembre 2013, Caumont-sur-Durance (Vaucluse), un village de 4.600 âmes, décide de se doter d'une complémentaire santé "réservée à ses habitants", rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3). Un contrat collectif en quelque sorte, géré par la Mutuelle générale d'Avignon. En juillet dernier, en Saône-et-Loire, "d'anciens salariés qui s'étaient regroupés pour faire baisser le prix de leur complémentaire santé ont décidé d'en faire profiter des personnes démunies afin d'éviter que ces dernières ne renoncent à certains soins", souligne également le quotidien.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui, de nombreuses initiatives identiques – qui sont d'ailleurs une illustration de l'esprit mu­tualiste – se développent actuellement en France. L'objectif est de lutter contre le renoncement aux soins, en particulier pour les personnes à revenus modestes, à l'heure "où un Français sur cinq annule ou reporte certains soins pour des raisons financières". C'est surtout le cas des soins dentaires et spécialisés.

S'agit-il d'une pierre dans le jardin des complémentaires santé ? Plutôt une confirmation de l'analyse de la Mutualité Française pour qui le renchérissement des cotisations a un impact négatif sur l'accès aux soins. Dans ce domaine, le quotidien rappelle fort à propos que "depuis 2010, les gouvernements successifs n'ont pas manqué d'ajouter leur grain de sable, imposant jusqu'à 14% de taxes à la majorité des contrats santé. Logiquement, les prix ont flambé : +7% en moyenne en 2012 et 2013, +2,5% en 2014". Pour les seules mutuelles, ces taux ont été respectivement de +4,7% et +3,1% en 2012 et 2013. Pour l'année 2014, l'augmentation prévisionnelle serait de +2,7%.

 

Ebola : réunion d'urgence

"Ebola, une lutte sans merci !", titre la "une" de La Croix. Le quotidien an­nonce que l'Union africaine se réunit aujourd'hui en urgence pour définir une stratégie à l'échelle du continent, au lendemain de l'annonce par les Etats-Unis de leur aide à l'Afrique pour lutter contre l'épidémie. Très mobilisés, les personnels soignants des pays les plus frappés (Guinée, Liberia, Sierra Leone) ont déjà payé un lourd tribut à la maladie, qui désorganise fortement les systèmes de santé. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 240 agents de santé sont tombés malades et plus de 120 ont succombé dans des pays déjà sous dotés en personnels soignants, souligne La Croix (page 2). Dans ces trois pays, l'épidémie a fait 2.097 morts sur 3.944 cas confirmés, selon un dernier bilan. L'OMS s'efforce de proposer des traitements expérimentaux, comme l'utilisation de sérum de malades convalescents.

Comment traiter la maladie ?, interrogent Les Echos (page 14). "Il n'y a ni traitement disponible, ni vaccin homologué pour soigner les patients touchés par Ebola et protéger les populations", répond Hervé Raoul, directeur du laboratoire P4 Inserm-Jean Mérieux. Un vaccin pourrait être disponible dès novembre pour les personnels de santé des pays touchés, si les essais cliniques confirment son innocuité, indique Le Monde daté de dimanche/lundi (page 4).

Quelles réponses la communauté internationale apporte-t-elle ? "Six mois après son début, le monde est en train de perdre la bataille contre la pire épidémie d'Ebola de l'histoire", estimait récemment Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières (MSF), citée dans Le Monde de vendredi (page 5). L'OMS e­stime pour sa part qu'il faudra six à neuf mois pour maîtriser l'épidémie, qui risque de toucher à terme 20.000 personnes. Enfin, y a-t-il un risque de propagation au Nord ? Le risque est faible, malgré le niveau d'échanges très élevé entre l'Afrique et l'Europe, estiment Les Echos.

John Sutton et Jean-Michel Molins

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