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Euthanasie : 156 députés relancent le débat

Dans une tribune signée dans Le Monde, ce jeudi 1er mars 2018, plus de 150 députés, dont la plupart sont issus de la majorité, appellent à une nouvelle législation sur la fin de vie. Ils misent sur un débat parlementaire pour cette fin d'année.

"Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c'est essentiel, de leur destin. C'est pourquoi nous, députés issus d'horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l'année 2018." Telle est la promesse que formule, ce jeudi 1er mars 2018, un collectif de 156 députés dont 122 sont issus de la majorité, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Cette initiative, expliquent-ils, vient du fait qu'"on ne meurt pas bien en France". Que l'offre actuelle des soins palliatifs ne correspond pas à "la multiplicité des situations individuelles et des souffrances des personnes en fin de vie". Certes, reconnaissent-ils, de récents progrès ont été observés avec la loi Claeys-Leonetti, laquelle instaure un droit à la sédation profonde et continue pour les malades en phase terminale. Seulement, d'après les signataires, ce dispositif manque d'"innovations significatives". D'aucuns, observe par ailleurs Le Monde, considèrent même le texte mis en place sous François Hollande comme "hypocrite".

Selon les signataires, avec le dispositif Claeys-Leonetti, "il s'est surtout agi de transcrire dans la loi ce qui était déjà acquis par voie réglementaire". Or, ce qu'il manque de façon cruciale, estiment-ils, c'est "une liberté, un droit de choix". Cela éviterait aux malades français qui sont dans une "impasse thérapeutique" de trouver la délivrance chez certains de nos voisins. Cela empêcherait également les comportements clandestins, telles que les euthanasies pratiquées "en catimini" et "en toute illégalité" par certains médecins compatissants. Praticiens auxquels tout le monde n'a pas accès, "ce qui crée des inégalités entre nos concitoyens."

Cette question, remarquent les députés, est à élever au même rang que celle de l'IVG au début des années 1970. D'où leur volonté de légiférer activement. Selon Le Monde, les signataires de la tribune en sont déjà à s'interroger "sur ce que pourrait être le calendrier des prochains mois". D'après eux, il convient de dissocier ce sujet des débats sur la révision des lois de bioéthique. Dans ce texte attendu cet automne, doit notamment figurer l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes.

Les députés envisagent de déposer eux-mêmes une proposition de loi "dans le cadre d'une niche parlementaire". Avec en vue un débat parlementaire pour la fin de l'année ou le début 2019. Reste à savoir, indique le quotidien, si le chef de l'Etat ne s'opposera pas à une telle initiative, et si elle sera rejointe par les autres députés.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)