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Etienne Caniard : « Le tiers payant est indispensable »

La future loi de santé publique, présentée ce matin par Marisol Touraine, est placée sous le signe de la prévention et de la réduction des inégalités d'accès aux soins. La généralisation du tiers payant chez le médecin sera la mesure phare du projet. "Si les syndicats de médecins sont réticents, les mutuelles sont d'un tout autre avis", indiquait hier midi la journaliste Kareen Guiock, sur M6.

"Aujourd'hui, beaucoup de professionnels de santé pratiquent le tiers payant. Il faut alléger au maximum les tâches des médecins, mais il n'y a pas de raison pour que ce qui est possible pour les autres professions médicales ne le soit pas pour les médecins libéraux", a estimé Etienne Caniard.

Le président de la Mutualité Française s'est exprimé, plus longuement, au cours du journal de 13 heures sur RTL, en compagnie de Claude Leicher, président de MG-France, principal syndicat de généralistes. Pour ce dernier, "la généralisation du tiers payant n'est pas une mauvaise idée car elle permet de faciliter l'accès aux soins des gens les plus modestes". Toutefois, ajoute-t-il, "les médecins sont très inquiets, car ils craignent un surplus de paperasserie et n'ont pas les moyens de payer une secrétaire pour gérer le tiers payant".

Etienne Caniard estime lui aussi que la généralisation du tiers payant est "une bonne idée". Elle est même à ses yeux "indispensable pour lutter contre le renoncement aux soins, plus important en France qu'ailleurs. Sur les 28 pays de l'Union européenne, 25 appliquent déjà cette mesure".

La généralisation du tiers payant ne risque-t-elle pas d'augmenter la demande de soins, comme tout ce qui est gratuit ?, interroge RTL. "Il ne faut pas confondre la gratuité avec la demande de soins. Il y a des arguments idéologiques derrière cet a priori de la part de gens qui ont peur que cela menace leurs dépassements d'honoraires", répond Claude Leicher.

"Il faut s'insurger contre le fait que le paiement est un bon moyen de réguler les dépenses de santé, juge, pour sa part, le président de la Mutualité. Cela ne pénalise “que” ceux qui ont des difficultés financières. On ne peut pas ajouter une inégalité à une autre. C'est inacceptable ! "En réalité, le tiers payant généralisé est un redoutable révélateur des dépassements d'honoraires. Ces derniers n'étant pas inclus dans le tiers payant, les patients verront ainsi clairement quelles sont les pratiques dans ce domaine", souligne Etienne Caniard.

"En France, on veut marier la carpe et le lapin", poursuit-il. "Or, il est impossible de faire cohabiter la liberté tarifaire, la diminution des restes à charge et le tiers payant, estime le président de la Mutualité. Un assureur – qu'il soit public ou privé – ne peut pas garantir un paiement quand il ne connaît pas le prix de la prestation." "Nous n'accepterons pas que les trois-quarts des médecins, qui sont en secteur 1 et qui jouent le jeu, soient pris en otage par les 25% de médecins qui veulent défendre la liberté d'honoraires, qui reste un obstacle à l'accès aux soins."

"Nous prenons l'engagement d'apporter des réponses aux inquiétudes des médecins, à l'échéance de 2017, pour que la généralisation du tiers payant soit effective. C'est dans l'intérêt des Français", souligne Etienne Caniard qui promet "un dispositif simple pour les médecins".

Outre l'accès aux soins pour tous, la future loi de santé, qui sera présentée en Conseil des ministres à la rentrée, précise Le Figaro (page 9), abordera notamment la réduction du tabagisme, à travers un plan qui prévoit des "mesures fortes". La loi définira aussi le principe de service public hospitalier et les modalités de participation du privé.

 

Baisse des cotisations et gel des prestations

Le projet de budget rectificatif 2014 de la Sécurité sociale (PLFRSS), présenté hier en Conseil des ministres, arrivera la semaine prochaine à l'Assemblée nationale, rappelle Le Figaro-économie (page 19). Il entérine les baisses de cotisations accordées aux entreprises, mais aussi le gel des retraites et des aides au logement. Dans un entretien aux Echos (page 2), le ministre du Budget, Christian Eckert, es­time que les aménagements au pacte de responsabilité, réclamés par certains parlementaires de la majorité, "sont déjà significatifs". "Si les élus gagent leurs nouvelles propositions par des économies et qu'elles s'inscrivent dans le cadre des réformes portées par le gouvernement, nous les étudierons", promet-il.

Quelle est l'enveloppe prévue pour alléger les charges des emplois à domicile ? interrogent Les Echos. "Cette mesure n'est pas arbitrée à ce jour. Doubler la réduction de 75 centimes à 1,50 euro coûterait environ 150 millions d'euros, qu'il faudrait compenser par des efforts complémentaires", estime le ministre du Budget.

"Côté pacte de responsabilité et de solidarité, ce sont les allègements de cotisations patronales qui alimentent les débats. Pour donner des gages aux entreprises, le gouvernement a en effet décidé d'inscrire dès maintenant les mesures de baisses permanentes de charges qui s'appliqueront au 1er janvier 2015", écrit Le Figaro. Pour les prestations familiales et les indemnités d'invalidité, le Conseil d'Etat a contraint le gouvernement à repousser leur gel à l'au­tomne, précise Libération (page 16).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)