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Etienne Caniard : engager de nouvelles relations avec les médecins

Dans un entretien au quotidien L'Opinion, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dont le mandat s'achèvera le 23 juin, prend, entre autres, position sur les négociations conventionnelles actuellement en cours entre les complémentaires, l'assurance maladie et les syndicats de médecins.

A terme, "l'enjeu est d'organiser le parcours de soins différemment, en confiant des tâches réalisées aujourd'hui par des médecins à d’autres professions de santé (…) Si nous voulons revaloriser la profession médicale, il faut bien entendu donner une valeur à l'acte médical, tout en sachant que la liberté tarifaire que les médecins réclament ne peut pas être la solution. Elle pose un problème tout comme la liberté d'installation, au regard de l'objectif d'accès aux soins des patients, quel que soit l'endroit où ils habitent, avec un reste à charge maîtrisé", indique Etienne Caniard.

Pourquoi les mutuelles font-elles l'objet d'une grande méfiance de la part d'une majorité de syndicats de médecins ?, interroge L'L'Opinion. "Les médecins ont tendance à faire de la Mutualité un bouc émissaire, en partant du principe que les mutuelles peuvent payer puisqu'elles n’ont pas de déficit ni de dette contrairement à l'assurance maladie. Si c’était le cas, elles auraient d'ailleurs disparu. C'est l'incapacité à maîtriser les dépenses de santé qui provoque aujourd'hui un renchérissement du coût des mutuelles, pas l'inverse. On confond les causes et les conséquences", rétorque le président de la Mutualité Française.

Interrogé sur la contractualisation avec les médecins – ce que la loi ne permet pas aujourd'hui – Etienne Caniard estime qu'"on ne pourra pas continuer longtemps à exclure les médecins de la contractualisation, dans leur propre intérêt. S'ils veulent que les complémentaires prennent en charge une partie de leurs dépassements d'honoraires ou de la revalorisation tarifaire qu'ils réclament (…), il faudra bien se mettre d'accord sur les conditions dans lesquelles les complémentaires peuvent intervenir".

Pour lui, "la peur des médecins face à d'éventuelles pressions des complémentaires ne repose sur aucune réalité, tout simplement parce que les médecins ne sont pas dans la même situation que les opticiens, explique-t-il. Contrairement aux opticiens, les médecins ne sont pas en sureffectifs". Dès lors, "comment les complémentaires pourraient-elles imposer des contraintes face à une offre déficitaire ? Elles peuvent par contre proposer aux médecins un accord permettant le remboursement d'honoraires complémentaires en se mettant d'accord sur les contreparties", avance Etienne Caniard.

En conclusion de cet entretien, le président de la Mutualité Française est interrogé sur les enjeux de la prochaine élection présidentielle. "Il faut ouvrir le débat sur le rôle des complémentaires et sur les modalités de régulation de l'offre de soins. Certains posent ouvertement la question de l'utilité des complémentaires. Pourquoi pas ? Mais encore faudrait-il que les régimes obligatoires prouvent leur capacité à imposer des tarifs opposables qui limitent le reste à charge des assurés tout en étant financièrement équilibrés (…). Plus généralement, il faut mieux coordonner les interventions des régimes obligatoires et des acteurs complémentaires", affirme Etienne Caniard.

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