croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Et si on aidait les malades chroniques à travailler ?

En France, le taux d'activité des personnes vivant avec une maladie chronique évolutive est d'environ 35%. Il est inférieur à celui de l'ensemble des personnes en situation de handicap (44%). En cause : l'inadaptation du monde du travail et du système de soins, comme le montre une enquête réalisée par Renaloo, une association de malades, rapporte Le Parisien/ Aujourd'hui (page 11). Elle a porté sur l'impact des traitements des maladies rénales (greffes et dialyses) en matière d'insertion professionnelle.

La moitié des patients qui ont été greffés après une période de dialyse ont un emploi. Mais pour ceux astreints à trois dialyses hebdomadaires, le pourcentage tombe à 17,4%. L'enquête montre également qu'au fil des mois et des années en dialyse, les chances de garder son emploi s'amenuisent.

"La fonction d'un travail ne se limite pas à procurer des revenus », rappelle, dans Le Parisien, Yvanie Caillé, directrice de Renaloo. "C'est aussi conserver une utilité sociale, une fierté, dans une vie déjà pulvérisée. La maladie doit-elle obliger à renoncer à tout ? Tous ceux qui gardent un emploi, on le sait, sont mieux armés pour lutter."

Renaloo ne limite pas son combat aux insuffisants rénaux. Les obstacles à franchir pour être admis dans les entreprises sont les mêmes pour ceux qui souffrent d'un cancer, du sida ou de rhumatismes inflammatoires. Ils ont quatre fois plus de risques d'être exclus du travail. Yvanie Caillé, elle-même greffée, a dû jongler entre son poste dans une grande banque et ses dialyses. Son mi-temps thérapeutique passait mal auprès de son patron…

Certains malades sont contraints de faire leur dialyse de nuit pour pouvoir "assurer" la journée. "Tout le monde ne le peut pas, fait remarquer Yvanie Caillé. Certaines régions n'ont pas ou plus de centres de dialyses de nuit ou de soirée, car ils ferment. En région parisienne, un seul centre de nuit offre treize places et… une longue liste d'attente."

A lire aussi – Homosexuels et dons du sang : la législation pourrait évoluer

La ministre de la Santé a annoncé hier qu'une réunion aurait lieu " à la fin du mois de mai, avec l'ensemble des acteurs concernés, pour voir comment faire évoluer le questionnaire" proposé aux donneurs de sang. Cette évolution vise à mettre fin à la "discrimination, qui interdit aux homosexuels de donner leur sang parce qu'ils sont homosexuels", tout en garantissant en même temps "la sécurité de tous ceux qui ont besoin de sang pour leur santé », rapporte La Croix (page 10).

Les personnes homosexuelles sont exclues de la collecte de sang en France depuis 1983. Cette exclusion était fondée sur une présence plus forte du VIH dans cette population, rappelle Le Monde (page 9). Marisol Touraine envisage de modifier prochainement le questionnaire proposé aux donneurs en supprimant toute référence à l'orientation sexuelle et en remplaçant l'exclusion définitive par une période d'attente de douze mois après le dernier comportement à risque, précise La Croix.

La Cour européenne de justice a justement invité hier la France à assouplir sa réglementation afin de ne pas exclure systématiquement et à vie les homosexuels du don du sang. Elle propose la mise en quarantaine des poches de sang pendant une vingtaine de jours et la reformulation du questionnaire auquel doivent répondre les donneurs.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)