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Débat Royal-Sarkozy : et la protection sociale ?

"Le choc du débat", titre Le Figaro ce matin, "Musclé" pour Le Parisien/Aujourd’hui, tandis que Libération a vu en Ségolène Royal une "combattante". Au-delà des titres de "une" forcément réducteurs, les quotidiens nationaux soulignent à la fois l’âpreté et l’équilibre de l’échange télévisé d’hier soir. Parmi les principaux sujets abordés par les deux candidats, on notera les 35 heures et l’emploi, les retraites, et l’intégration scolaire des enfants handicapés qui fut l’objet d’une vive polémique.

Mais une fois de plus les thèmes de la santé et de la protection sociale ont été quasi absents du débat. La question du financement de la "Sécu", en particulier de la branche maladie, n’a pas été abordée. Nicolas Sarkozy n’a par exemple pas exposé son projet de franchises non remboursées sur les soins, se contentant d’évoquer un meilleur remboursement des soins optiques et dentaires. Le candidat de l’UMP a brièvement évoqué la création d’un 5e risque sur la dépendance. Il a promis la mise en place d’un "plan Alzheimer" sur le modèle du plan cancer, lancé par Jacques Chirac en 2003, souligne le quotidien La Croix (page 4).

La question de l’hôpital public a fait l’objet d’un vif échange entre les deux concurrents, mais n’a été abordée que par le biais de l’application des 35 heures. Pour Nicolas Sarkozy, les 35 heures ont été "une catastrophe généralisée pour l’économie française et ont mis à bas l’hôpital public français", rapportent Les Echos (page 3). Réponse de Ségolène Royal : "L’hôpital public redeviendra une priorité." La candidate du PS souhaite la "généralisation" des 35 heures par la négociation "avec les partenaires sociaux, branche par branche", note Libération (page 3).

Alors que Ségolène Royal exprime son intention de revaloriser les petites retraites, son adversaire l’interrompt brutalement : "Comment vous financez cette mesure ?", note Le Parisien/Aujourd’hui (page 3). Après un temps d’hésitation, elle annonce la création d’une "taxe sur les revenus boursiers". "Combien vous mettez dans ce fonds ?", revient à la charge le candidat de l’UMP. "Je déterminerai son montant en fonction de la croissance", réplique Ségolène Royal. Après de vifs échanges, les deux candidats semblent s’accorder sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Mais à la différence de son adversaire, la candidate socialiste souhaite remettre à plat les lois Fillon, car elles créent des "injustices insupportables", notamment à l’égard des femmes et des salariés ayant exercé des métiers "pénibles", notent Les Echos (page 3). Mais, c’est la question de l’intégration scolaire des enfants handicapés, évoquée par Nicolas Sarkozy qui provoque la passe d’arme la plus spectaculaire. Sous le titre : "Et soudain, à 22 h 55, l’incident se produit", Le Figaro (page 6) raconte son enchaînement : "Après deux heures d’un débat policé et technique, ponctué de quelques escarmouches sur les 35 heures ou le nucléaire, le duel prend soudain une tournure violente sur un sujet inattendu et sensible : le handicap." "On atteint le summum de l’immoralité politique, s’indigne Ségolène Royal […], quand j’étais ministre, j’ai créé le plan Handiscole. C’est votre gouvernement qui l’a supprimé !" L’objectif était de créer des postes d’auxiliaires pour aider les enseignants à s’occuper des élèves handicapés dans leurs classes, rappelle Le Figaro, qui ajoute que suite aux critiques des associations, ces postes ont été progressivement supprimés. Nicolas Sarkozy : "Pour être président de la République, il faut être calme." Ségolène Royal : "Je ne m’énerve pas, je suis en colère, et il y a des colères parfaitement saines."//

"Qui a gagné, qui a perdu ?", interroge Le Parisien. Pour ce quotidien, "Royal est davantage restée dans les généralités. […]. Sarkozy […] s’est accroché à sa connaissance des dossiers". "Chaque camp célébrera son champion et raillera l’adversaire", en conclut le quotidien. "Nicolas Sarkozy n’a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné", peut-on lire dans l’éditorial de Libération (page 2). Un match nul, où "le débat de fonds a repris ses droits". "Pugnace, précise, dure à la répartie […] elle a souvent bousculé le favori de la compétition. Sarkozy fut-il mauvais ? Certes non, au contraire", estime Laurent Joffrin, qui conclut que le candidat de l’UMP "n’a pas vraiment perdu. Il peut donc espérer conserver son avantage".