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Erreurs médicales : défaut de transparence

A combien s'élève le nombre d'erreurs médicales ? La réponse est incertaine, car les déclarations faites par les médecins seraient sous-estimées.

Depuis le mois de mars 2017, il existe un portail Internet obligeant les professionnels de santé à déclarer les incidents sanitaires graves survenus suite à des soins. A ce jour, indique Le Parisien, il a été signalé sur ce site 1.153 cas d'événements graves, du type "erreur de dosage, membre opéré à la place d'un autre, confusion d'identité…"

Ce chiffre est loin d'être conforme à la réalité, estime l'association de conseil aux victimes le Lien, qui évalue à 60.000 le nombre de décès causés chaque année par des erreurs médicales.

Au ministère de la Santé, aucun des deux chiffres avancés n'est confirmé. "Il n'existe pas de données sur le sujet", répond l'institution interrogée par le quotidien. Une chose est sûre, ces chiffres ne collent pas avec les résultats de l'enquête Eneis menée en 2009.

D'après cette étude, le nombre d'événements indésirables graves relevé à cette époque dans les hôpitaux et cliniques françaises était de l'ordre de 250.000 à 450 000 par an. Une réactualisation des données devrait être conduite d'ici à 2019, annonce-t-on avenue Duquesne. Et pour parfaire les résultats, "les maisons de retraite seront prises en compte".

Conscient des risques médicaux, le ministère de la Santé en a fait le thème de la Semaine de la sécurité des patients, qui prend fin demain. L'objectif de cette opération : "Ne plus subir sans rien dire, sur une table d'opération, mais oser poser des questions", explique Le Parisien.

Il est par exemple suggéré aux patients de demander au chirurgien s'il s'est bien lavé les mains avant son intervention. Les médecins, pour leur part, sont encouragés à réaliser la chek-list de leur matériel avant d'opérer et, en cas d'incident, à reconnaître leur erreur. Ce qui n'est pas une mince affaire.

En effet, reconnaît l'avocat Edouard Bourgin, spécialisé dans ce type de dossiers, il existe un "déni quasi systématique" des professionnels de santé lorsqu'un faux-pas se produit. De fait, sur 100 plaintes de patients au pénal, rares sont celles qui aboutissent. "On arrive sûrement davantage à se faire entendre, surtout au civil, mais le chemin est encore long."

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)