croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Enquête d’UFC-Que choisir : les consommateurs contre les labos

L’UFC-Que choisir dénonce la pression exercée par les visiteurs médicaux sur les médecins, laquelle se traduit par une "dérive des prescriptions", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 4). L’association de consommateurs a rendu publique hier une enquête sur la prescription des antiagrégants plaquettaires par les cardiologues pour la prévention ou les suites d’accidents cardio-vasculaires, indique Le Monde (page 27). Conclusion : "De 2002 à 2006, leurs prescriptions ont augmenté de 88%, sans raison.

Ce dérapage est le fait d’un médicament, le Plavix®. Prescrit dans 80% des cas, il aurait pu être remplacé une fois sur deux par de l’aspirine, vingt-sept fois moins cher", estime Christophe Le Guehennec, chargé de mission santé à l’UFC-Que choisir dans Le Parisien/ Aujourd’hui.

En 2002, les prescriptions abusives de ce médicament ont représenté 89 millions d’euros ! Mieux encore, si sur la période 2002-2004, l’aspirine avait été substituée au Plavix®, quand cela était possible, "177 millions d’euros auraient pu être économisés", selon l’association de consommateurs.

Le surcroît de dépenses engendré par le Plavix® "vient s’ajouter aux 600 millions d’euros de gâchis constatés sur les prescriptions de ville de 2002 à 2006 (132 millions par an) dans le traitement des maladies telles que le reflux gastro-oesophagiens, l’arthrose et l’hypertension" (Le Monde).

S’appuyant sur les récents rapports de la Cour des comptes et de l’Igas, l’UFC considère que "la prescription est trop largement influencée par l’industrie pharmaceutique". "Les labos consacrent 14% de leur chiffre d’affaires à la promotion de leurs médicaments, avec notamment 23 000 visiteurs médicaux, soit un pour neuf médecins", dénonce le président de l’association, Alain Bazot, dans Le Parisien/Aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas, souligne Libération (page 17).

Pour "désamorcer le feu des labos", cette association propose de réduire à 4% la part de leur chiffre d’affaires consacrée à la promotion des médicaments, qui représente actuellement environ 2 milliards d’euros par an, précise L’Humanité (page 8). Enfin, l’UFC préconise la création d’un corps de 1.700 visiteurs médicaux indépendants, placés sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS). Leur mission : "Donner une information plus objective aux médecins, afin que ces derniers aient la possibilité de prescrire de façon rationnelle."

Les Entreprises du médicament (Leem) estiment que l’étude de l’UFC-Que Choisir a "un petit air de réchauffé". Son président, Christian Lajoux, se déclare néanmoins prêt à étudier la proposition de visiteurs médicaux indépendants.

A lire aussi dans la presse - CMUC : hausse des dépenses

Les dépenses au titre de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) ont augmenté de 8,5% en rythme annuel, à la fin novembre, pour atteindre 1,48 milliard d’euros sur douze mois, annoncent Les Echos (page 4). Cette "forte accélération" est surtout liée à l’accord conclu en 2006 entre les dentistes et l’assurance maladie sur la revalorisation de leurs honoraires pour les soins conservateurs (caries) et sur la hausse des forfaits sur les prothèses pour les bénéficiaires de la CMU.

"Le choix d’une politique de revalorisation importante des tarifs des soins et des actes dentaires pour [ces] bénéficiaires avait pour objectif de réduire la problématique du refus de soins en lien avec des tarifs jugés trop faibles", rappelle Jean-François Chadelat, directeur du fonds CMU. Il estime que "la croissance des volumes peut laisser espérer que cet objectif progresse dans la bonne direction". Comme le notent Les Echos, les dépenses représentent désormais "373 euros par an et par bénéficiaire".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)